La géo-ingénierie n’est pas suffisante pour lutter contre le réchauffement

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géo-ingénierie

Manifestation de militants écologistes déguisés en molécules de CO2 devant la porte de Brandebourg, à Berlin, le 12 décembre 2009
© AFP/Archives David Gannon

Washington (AFP) – La géo-ingénierie, axe de recherche controversé prônant une intervention artificielle sur le climat pour en limiter le réchauffement, ne peut se substituer à une forte réduction des émissions des gaz à effet de serre mais cette piste doit être approfondie, selon un comité de scientifiques sollicités par l’Académie américaine des Sciences.

Des stratégies visant à retirer du dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, de l’atmosphère sont limitées par leur coût et par l’immaturité technologique, ont estimé ces experts dans deux rapports publiés mardi.

Mais la géo-ingénierie pourrait contribuer à un large éventail de mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique en y consacrant davantage de projets de recherche et de développement, ont-ils souligné.

Il serait néanmoins “irrationnel et irresponsable » de recourir à la géo-ingénierie sans mettre en oeuvre des mesures de réduction des émissions de CO2, gaz surtout produit par la combustion d’énergies fossiles.

Selon eux, les technologies visant à accroître la capacité de la Terre ou des nuages à refléter les rayons du Soleil présentent des risques considérables et ne devraient pas être déployées à ce stade. Elles consistent à procéder à des injections d’aérosols dans la stratosphère et à éclaircir les nuages marins grâce à des particules d’eau de mer injectées en grande quantité.

En outre, ces interventions n’auraient qu’un effet temporaire et présenteraient des risques environnementaux, sociaux et politiques importants.

Les experts ont relevé que les avantages et les risques des techniques pour retirer le CO2 de l’atmosphère –comme la séquestration– étaient bien compris, mais les technologies actuelles nécessiteront des décennies pour obtenir des résultats moyens et leur coût serait exorbitant pour les déployer à des échelles suffisamment grandes pour avoir un impact.

« Le fait même que les scientifiques considèrent le recours à la géo-ingénierie devrait être vu comme une sonnette d’alarme nous disant qu’il faut faire davantage pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la façon la plus efficace et la moins risquée de combattre le changement », relève Marcia McNutt, rédactrice-en-chef de la revue Science et ancienne directrice de l’Institut américain de géophysique. Elle a présidé le comité qui a produit ces rapports.

« Mais plus nous attendons, plus il sera probablement nécessaire de déployer certaines formes de géo-ingénierie pour retirer du CO2 de l’atmosphère et limiter les pires effets du changement climatique », a-t-elle prévenu.

D’où l’importance de faire davantage d’études pour améliorer l’efficacité des capacités actuelles, qu’elles soient plus favorables à l’environnement et moins coûteuses.

Ces deux rapports devraient guider les agences fédérales dans le choix des recherches à financer dans ce domaine, tout en gardant séparé le processus de décision pour les déployer.

Ce projet a été parrainé par l’Académie américaine des sciences, les agences du renseignement, la Nasa, l’Agence nationale océanique et atmosphérique ainsi que par le Ministère de l’Energie.

 

© AFP

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