Fin des pesticides: une « décision précipitée » pour les professionnels

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Un fermier utilise du pesticide sur un champ de pommes de terre dans le nord de la France
© AFP/Archives Philippe Huguen

Paris (AFP) – L’Union des entreprises pour la protection des jardins et espaces publics (UPJ) s’inquiète de la fin des pesticides dans les jardins publics dès mai prochain, une décision prise « dans la précipitation » selon elle.

La loi Labbé, du nom du sénateur écologiste Joël Labbé, votée en janvier dernier prévoyait en 2020 l’interdiction des pesticides dans les espaces verts et de fleurissement et, à partir de 2022, dans les jardins des particuliers (hors lutte contre les organismes nuisibles).

Trop tard pour la ministre de l’Écologie Ségolène Royal qui avait fait déposer un amendement pour l’avancer à 2016. Mais mardi, sur RMC/BFMTV, elle a même parlé même d’une interdiction dès mai 2015.

« A partir de mai prochain, c’est-à-dire quand il va y avoir les plantations, les entretiens, en mai prochain, il faudra que les communes arrêtent d’utiliser des pesticides dans tous les espaces publics, sur les trottoirs, dans les écoles, sur les stades, etc. », a déclaré Ségolène Royal.

Il n’en fallait pas plus pour énerver Jacques My, directeur général de l’UPJ qui dénonce une décision prise « sans discernement, sans concertation », qui va coûter cher aux collectivités, aux fabricants de pesticides et qui va conduire à des impasses agronomiques.

Quelque 3.800 communes sont engagées dans une démarche de réduction de l’usage des pesticides, mais la plupart ne le sont pas, et ne sont pas prêtes à assurer la transition du jour au lendemain, notamment parce que réduire l’usage de pesticides nécessite de recourir à davantage de main d’œuvre, argumente-t-il.

De plus, les industriels sont pour certains engagés dans la fabrication de produits naturels alternatifs dits de « biocontrôle » mais une telle décision va forcément fragiliser ses entreprises et leurs 2.000 emplois directs.

Enfin, il y a des impasses techniques. « On n’a pas des solutions de biocontrôle pour tous les problèmes rencontrés », insiste Jacques My.

© AFP

Par exemple, pour traiter la pyrale du buis, le charançon rouge du palmier ou le chancre coloré du platane, « nous sommes bien contents de trouver des pesticides », ajoute-t-il.

 

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