Center Parcs de Roybon: la justice examine les demandes des opposants

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Des opposants au projet du Center Parcs le 4 décembre 2014 sur le site de la ZAD (Zone à défendre) près de Roybon
© AFP/Archives Philippe Desmazes

Grenoble (AFP) – Déjà bloqué par des manifestants, le chantier du Center Parcs de Roybon (Isère) le sera-t-il aussi par la justice? Le tribunal administratif de Grenoble examine jeudi les demandes de suspension du défrichement déposées par des opposants au projet.

Prévue à 10H00, l’audience s’accompagnera d’une manifestation silencieuse des opposants devant le tribunal. « Il faut définitivement enterrer ce projet en étant le plus nombreux possible », a lancé Stéphane Perron, président de l’association Pour les Chambaran Sans Center Parcs (PCSCP), dans un communiqué.

Il a appelé à ne pas répondre aux « provocations » des sympathisants au projet qui pourraient manifester au même moment.

Saisi de quatre requêtes, le juge des référés n’aura pas à se prononcer sur la pertinence de ce village du groupe Pierre & Vacances, sur lequel plane l’ombre de Sivens et Notre-Dame-des-Landes, qui doit accueillir mille cottages avec bulle tropicale sur 200 hectares au cœur de la forêt de Chambaran.

Le magistrat devra décider de suspendre ou non le défrichement au vu de la légalité de deux arrêtés pris par le préfet de l’Isère, les 3 et 16 octobre. Ceux-ci ont fait office de feu vert au démarrage des travaux: l’un autorise le projet au titre de la loi sur l’eau tandis que l’autre permet la destruction d’une cinquantaine d’espèces protégées ou de leur habitat (amphibiens, reptiles, écureuils, écrevisses à pieds blancs, etc).

La décision du tribunal devrait être rendue vendredi ou dans un délai de quelques jours.

Les opposants comptent s’appuyer sur le travail de la commission d’enquête publique au titre de la loi sur l’eau, qui a rendu en juillet un avis unanimement défavorable au projet en citant douze points rédhibitoires, parmi lesquels l’impact du projet sur les zones humides, l’insuffisance des mesures compensatoires ou les incidences sur les risques de crue.

Mardi, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a d’ailleurs estimé qu’il fallait « écouter ce que disent les commissions d’enquêtes » publiques. « S’il faut réajuster le projet on le fera, mais je mets en garde ceux qui décident des projets sans écouter ce qui est dit avant, parce qu’ils portent préjudice aux entreprises », a-t-elle ajouté.

La préfecture de l’Isère fait justement valoir que le groupe Pierre & Vacances a amélioré son projet et répondu à toutes les critiques de la commission d’enquête, par exemple « en proposant la renaturation et l’amélioration de zones humides dégradées sur une surface de 152 hectares ».

Des « améliorations » que les associations d’opposants jugent insuffisantes et qui auraient mérité d’être débattues en public, selon elles.

Les opposants espèrent qu’une éventuelle suspension des travaux portera un coup fatal au projet. Entamé le 20 octobre, le chantier est bloqué depuis début décembre par des militants « zadistes » qui occupent une maison à proximité du site.

Lancé en 2007, le Center Parcs a déjà fait l’objet de nombreux recours. La région Rhône-Alpes a récemment pris ses distances avec le projet, son président Jean-Jack Queyranne (PS) appelant à « revoir » le dossier avant de lui accorder une subvention, votée en 2009.

Dimanche, entre 1.600 et 2.000 personnes ont défilé dans le calme à Roybon pour soutenir le complexe touristique. Cette semaine, le conseil général du Lot-et-Garonne a annoncé qu’un Center Parcs allait s’implanter dans le sud du département. Il en existe déjà quatre en France et un cinquième doit ouvrir en 2015 dans la Vienne.

© AFP

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