Sécurité nucléaire: protestation des radioprotectionnistes du CEA de Cadarache

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Des salariés du service de protection contre les rayonnements au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, bloquent l’entrée du CEA de Cadarache, le 15 décembre 2014
© AFP Boris Horvat

Saint-Paul-lès-Durance (France) (AFP) – Une soixantaine de salariés ont bloqué lundi l’entrée du CEA de Cadarache, à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône), distribuant des tracts et filtrant les entrées, pour protester contre un projet de réorganisation du service de protection contre les rayonnements (SPR), a constaté un photographe de l’AFP.

« Bernard Bigot, l’administrateur général du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) a décidé de passer en force cette réforme (qui doit être validée en comité national dans l’après-midi, ndlr) avant son départ », a déclaré à l’AFP Laurent Millon, représentant CGT à Cadarache.

M. Millon, membre de l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT), dénonce « une baisse programmée de la sécurité » par un transfert des missions de radioprotection à des agents non spécialisés, voire par une externalisation du service.

Le mouvement, qui mobilise principalement les radioprotectionnistes – des agents chargés du contrôle des installations ainsi que des contrôles environnementaux-,  provoquait lundi matin un bouchon d’un kilomètre, dans le sens sud-nord, sur l’A51, un axe qui relie Aix-en-Provence à Gap.

Selon l’intersyndicale, 50% des effectifs du SPR doivent partir à la retraite d’ici 2020 et la direction du CEA prévoit – selon un projet présenté le 5 novembre en comité national d’établissement à Saclay et qui doit être validé lundi – une nouvelle organisation envisageant notamment de confier la radioprotection à des agents d’exploitation.

« Confier le contrôle radiologique à des agents d’exploitation revient à avoir des personnels qui autocontrôlent, sont à la fois juges et parties », dénonce encore M. Millon, ajoutant que se posait également des questions « de formation, de compétences, de permanences 24h sur 24 ».

L’administrateur général du CEA, Bernard Bigot, doit quitter son poste prochainement pour prendre, courant 2015, celui de directeur général d’Iter, le projet international – Union européenne, Japon, Chine, Inde, Corée du Sud, Russie et Etats-Unis – de réacteur expérimental à fusion nucléaire, sur un site mitoyen du CEA de Cadarache.

© AFP

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