Grippe aviaire: la France vulnérable face au retour en Europe du virus, selon l’Inra

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Un chercheur effectue des prélèvements sur des cadavres de canard sauvages à la recherche de la présence du virus H5N1, en février 2006 à Pessac (Gironde)
© AFP/Archives Michel Gangne

Paris (AFP) – La grippe aviaire est de retour en Europe depuis début novembre et les chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) estiment que la France est « en situation de vulnérabilité », surtout l’hiver où le virus survit plus longtemps.

« Nous sommes en situation de vulnérabilité, d’émergence sur le territoire européen », a expliqué le chef du département santé animale de l’Inra, Thierry Pineau, lors d’une conférence de presse vendredi.

D’autant qu’avec la baisse des températures, le virus va survivre « quelques semaines » alors qu’il ne résiste que « quelques heures dans un environnement chaud et sec », poursuit Jean-Luc Guérin, vétérinaire et virologiste aviaire.

Et si certains oiseaux migratoires ont déjà traversé la France, il y a des mouvements non migratoires qui peuvent intervenir. Lors de la précédente crise grippe aviaire en France, en 2006, le H5N1 est arrivé par un oiseau qui est passé du Rhin à la Dombes dans l’Ain, à la suite d’un coup de froid, rappelle le chercheur.

Cette fois-ci c’est une autre souche, le H5N8, qui est apparu en Allemagne début novembre, avant de se retrouver dans plusieurs élevages en Angleterre et aux Pays-Bas.

Selon l’Inra et l’Anses (Agence de sécurité sanitaire), l’hypothèse la plus vraisemblable est qu’il soit arrivé en Europe par la Sibérie, « transporté par des oiseaux migrateurs ».

Mais la contamination pourrait aussi être liée à des activités humaines, « soit par contacts de l’homme avec l’avifaune sauvage, soit liée à des mouvements d’animaux, de véhicules ou l’apport d’aliments ».

Aucun cas n’a pour l’instant été décelé en France mais le gouvernement a décidé de passer au stade du risque « modéré » (contre « faible » précedemment) ce qui implique des mesures, notamment afin d’éviter tout contact des volailles d’élevage avec l’avifaune.

Si la souche était détectée en France, l’Inra pourra travailler afin de « prédire et apprécier sa dangerosité et sa transmissibilité d’une espèce à une autre ».

Pour l’instant, l’institut a établi qu’elle représentait « un danger véritablement limité en matière de santé publique humaine », et qu’elle était très « spécifique » aux volailles.

« Un virus très virulent chez le poulet ne sera pas forcément adapté aux hommes, il pourrait même y faire moins de dégâts », souligne Jean-Luc Guérin. D’ailleurs les études sur le furet, très proche de l’homme dans sa capacité à recevoir un virus, ont montré que le H5N8 était moins sensible chez lui que le H5N1.

© AFP

 

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