La Corse veut structurer son industrie touristique

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Vue générale de la baie de Calvi, en mai 2013
© AFP/Archives Pascal Pochard Casabianca

Ajaccio (AFP) – Renforcement des liaisons aériennes, construction de golfs et modernisation des stations de ski: la Corse veut structurer son industrie touristique pour attirer une clientèle toute l’année, notamment venant d’Europe du Nord, et non plus seulement en été.

Cheville ouvrière de ce projet destiné à doper le premier secteur économique insulaire, l’Agence du tourisme de la Corse (ATC) a présenté mardi aux professionnels du secteur un livre blanc exposant trente mesures destinées à moderniser et structurer l’industrie touristique d’ici 2020.

Le renforcement du transport aérien, qui a connu une forte expansion cette année au détriment du maritime, est la pierre angulaire du projet, a expliqué la présidente de l’ATC, Vanina Pieri.

Au vu de « l’allongement de la saison touristique » constaté dans les chiffres de fréquentation des dernières années, selon Mme Pieri, il s’agit notamment de gagner des parts de marché en Grande-Bretagne et en Scandinavie.

Les ressortissants de ces pays viennent généralement en Corse en avion, la clientèle allemande étant plus encline à emprunter le transport maritime.

Il convient aussi de permettre à la compagnie régionale Air Corsica, dont la première mission est le service public entre l’île et le continent, de pouvoir opérer sur des destinations européennes, ce que la compagnie fait déjà ponctuellement depuis deux ans.

Pour y parvenir, la Corse devra toutefois obtenir une dérogation des instances européennes de Bruxelles pour pouvoir acheter des sièges hors saison touristique sans que cela constitue une distorsion de concurrence.

L’ATC espère obtenir le feu vert de l’Assemblée de Corse en 2015 pour faire cette démarche, au motif qu’à la différence de régions comme Provence-Alpes-Côte d’Azur, « le jeu du marché n’est pas perturbé (dans l’île) par rapport aux régions voisines », selon Mme Pieri.

Le livre blanc, qui inscrit les actions préconisées dans le cadre d’un Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (Padduc) récemment adopté par l’Assemblée territoriale, prévoit aussi le développement de l’activité golfique.

De nouveaux parcours intégrés seraient construits pour attirer toute l’année des amateurs, notamment d’Europe du Nord.

En raison de l’important enneigement des montagnes de l’intérieur de l’île en hiver, le livre blanc prévoit aussi l’extension et la modernisation des deux stations de ski fonctionnant en Corse-du-Sud et en Haute-Corse et la réouverture de celle d’Asco (Haute-Corse) actuellement fermée.

L’ATC préconise encore une meilleure répartition des visiteurs notamment à l’intérieur de l’île en favorisant l’agro-tourisme, le tourisme culturel et la gastronomie.

« Avec une fréquentation en hausse d’environ 0,3% cette année par rapport à 2013, la Corse demeure attractive (…) alors que la destination France va connaître une chute de moins 4 à 5% pour la même période », selon le directeur général de l’ATC, Didier Leonetti.

Le livre blanc, selon M. Leonetti, recommande aussi de « jouer la carte du net » en aidant les professionnels à s’équiper « car la vente en ligne ne touche actuellement que 24% des hôtels et 21% des campings ».

La structuration du secteur touristique, jusqu’à présent gros employeurs de saisonniers peu qualifiés et peu payés, parfois aussi non déclarés, doit encore permettre « d’annualiser le temps de travail » et de créer des emplois pérennes.

Une « éco-taxe vertueuse » permettant d’alimenter un fonds de développement touristique serait instaurée notamment sur les locations particulières effectuées généralement « au noir » et sur les camping cars qui sillonnent par milliers les routes corses en particulier en été.

Dans le domaine environnemental, enfin, le livre blanc prévoit l’instauration du paiement d’un droit d’emprunter les itinéraires pédestres les plus fréquentés et parfois passablement endommagés par la sur-fréquentation.

Il s’agit notamment du GR 20 (chemin de grande randonnée) qui permet en deux semaines de traverser l’île du Nord au Sud par ses plus hauts sommets. Réputé pour être le plus difficile d’Europe, le GR 20 est fréquenté chaque année par des dizaines de milliers de marcheurs du monde entier.

© AFP

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