Les défenseurs du droit à la terre victimes d’une répression accrue

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Le chef indien Raoni, figure légendaire de la résistance des peuples indigènes du Brésil, le 6 juin 2014, à Nice, en France
© AFP/Archives Valery Hache

Paris (AFP) – Les défenseurs des droits à la terre n’ont jamais été autant visés par la répression, selon un rapport de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) rendu public mardi, qui recense une litanie d’assassinats ou de cas de harcèlement notamment en Amérique latine et en Asie.

« La pression sur la terre est est aujourd’hui insoutenable et se mobiliser pour exiger le respect des droits économiques, sociaux et culturels des communautés affectées est devenue une activité à haut risque », pointe la FIDH.

Sur les trois dernières années, l’observatoire mis en place par la fédération a recensé pas moins de 43 assassinats et 123 cas de harcèlement judiciaire de défenseurs de ces droits, accompagnés dans certains cas de détentions arbitraires.

« Ces nombres ne reflètent qu’une infime partie de la réalité », relève l’ONG en soulignant que « toutes les régions du monde sont concernées, l’Asie et l’Amérique latine étant les continents les plus touchés.

Les agresseurs sont le plus souvent des policiers, des militaires, des agents de sécurité de sociétés privées ou bien encore des « mercenaires », dont l’objectif est de « faire taire les voix contestataires qui risqueraient de freiner un projet d’investissement », selon la FIDH.

Le rapport très documenté de plus de 160 pages publié par l’organisation cible notamment des cas d’assassinats ou de disparitions recensés au Mexique, en Colombie, au Honduras, aux Philippines, en Thaïlande, au Laos ou en Afrique du Sud.

Les cas de harcèlement judiciaire, avec arrestations et détentions préventives arbitraires, accompagnées de violences physiques ou psychologiques, sont également légion.

« En juin 2014, 17 défenseurs des droits à la terre ayant fait l’objet d’une action urgente de l’Observatoire depuis janvier 2011, étaient encore en prison ou assignées à résidence, comme en Birmanie, en République démocratique du Congo, Equateur, Guatemala et Mexique », relève le document.

Selon la FIDH, 95% des violations commises restent impunies, la justice des pays concernés manquant tout à la fois d’indépendance, de moyens ou d’expertise.

Le rapport de la FIDH est publié à l’occasion du Forum annuel des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme qui se tient jusqu’à mercredi à Genève.

© AFP

 

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