Belgique: des pompes-funèbres à l’heure de l’éco-responsabilité

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pompes funebres

Le fondateur de la coopérative funéraire belge Alveus, Cédric Vanhorenbeke, soulève un cercueil en carton dans sa boutique bruxelloise, le 27 novembre 2014
© AFP Emmanuel Dunand

Bruxelles (AFP) – Cercueils en carton et coton bio, urnes funéraires en osier, voire simple linceul, c’est ce que propose une coopérative belge, qui tente d’insuffler écologie et éthique dans les pompes-funèbres.

Issu d’une « dynastie » du secteur, Cédric Vanhorenbeke, 30 ans, a créé la coopérative funéraire Alveus il y a un an. Formé par des années de militantisme associatif, son projet est de « minimiser l’impact des funérailles sur l’environnement », mais aussi d’en finir avec ce qu’il dénonce « comme les pratiques mafieuses du cartel des pompes funèbres ».

« C’est un domaine où les marges sont de cinq à six fois le prix, où les innovations butent sur le conservatisme généralisé », dénonce-t-il.

Côté écologie, il bannit l’aggloméré et les revêtements synthétiques, « particulièrement polluants pour les crémations ». Il s’est initié à la vannerie pour tresser lui-même bières et urnes funéraires, « avec de l’osier belge ».

« Cela prend trois ou quatre jours, ce qui permet de tenir les délais habituels pour des funérailles », explique-t-il. « Pour les urnes, on peut faire un modèle qui, une fois enterré, repousse en buisson, en utilisant de l’osier que l’on conserve dans de l’eau ».

Il travaille aussi à un projet de cercueil en pâte à papier, avec Domido, une artiste qui cherchait des pompes-funèbres l’autorisant à créer son propre cercueil. Elle a fabriqué une maquette évoquant un sarcophage égyptien. « Le papier mâché permet beaucoup plus de créativité dans les formes », quitte à devoir rajouter structure en osier et papier paraffiné pour garantir à la fois la solidité et l’imperméabilité de l’ensemble, explique cette ex-ergothérapeute spécialisée en soins palliatifs.

Le volet éthique est avant tout tarifaire: avec des bières en bois massif qui commencent à 300 euros, ou en carton à 200 euros, Alveus offre des funérailles complètes entre 2.000 euros et 2.500 euros, la moitié du prix moyen en vigueur à Bruxelles, selon M. Vanhorenbeke.

Mais il se défend de faire du « low cost », se targuant aussi d’une prise en charge des familles plus personnalisée et participative, coloriage du cercueil ou participation à son tressage inclus.

L’entreprise réalise encore un chiffre d’affaires modeste, dont 80% avec des prestations conventionnelles, le traditionalisme l’emportant souvent à la dernière heure, selon M. Vanhorenbeke. La législation y a aussi sa part. Les autorités de Bruxelles et de la région flamande n’imposent pas les cercueils en bois, et autorisent les proches à disposer librement des cendres des défunts sur des terrains privés. Ce n’est pas le cas en Wallonie, la région francophone où Alveus puise le gros de ses clients.

© AFP

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