Inde: l’aggravation de la pollution à Delhi pointée du doigt par la justice

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La pollution au-dessus de la capitale indienne New Delhi le 25 novembre 2014  © AFP/Archives Roberto Schmidt

La pollution au-dessus de la capitale indienne New Delhi le 25 novembre 2014
© AFP/Archives Roberto Schmidt

New Delhi (AFP) – Le tribunal indien pour les questions d’environnement a dénoncé l’inaction du gouvernement devant l’aggravation de la pollution à New Delhi, l’une des villes les plus polluées du monde, et ordonné une série de mesures d’urgence.

Le tribunal a décidé mercredi l’interdiction des véhicules de plus de 15 ans dans la capitale, la vérification des niveaux de pollution des bus publics et l’installation de purificateurs d’air dans les principaux marchés de la ville.

Les ONG de défense de l’environnement ont salué jeudi ces mesures, estimant que les dirigeants politiques étaient incapables de faire face à « l’urgence » de la situation dans la capitale indienne peuplée de 17 millions d’habitants.

« Nous saluons les mesures d’urgence du tribunal face à la pollution qui atteint des niveaux toxiques à Delhi », a dit à l’AFP Chandra Bhushan, directeur général adjoint du Centre for Science and Environment (CSE) à New Delhi.

« Mais il faut aller plus loin pour faire face aux problèmes tels que l’arrivée quotidienne de 1.000 nouveaux véhicules chaque jour sur les routes » de la capitale, a-t-il ajouté.

« Le gouvernement a une obligation légale d’appliquer les mesures du tribunal », a-t-il ajouté.

Dans sa décision, le tribunal estime qu’aucune décision « substantielle » n’a été prise par le gouvernement pour enrayer la pollution à Delhi, en dépit de nombreuses demandes.

« Rien de substantiel n’a été proposé (..) pour contrôler la pollution de l’air à Delhi qui vient principalement de la pollution automobile et des plastiques et autres matériaux brûlés à l’air libre », écrit le tribunal.

« Il est incontesté et incontestable que la pollution de l’air (à Delhi) s’aggrave chaque jour », poursuit-il.

Selon une étude de l’OMS sur 1.600 villes publiée en mai, Delhi est la capitale mondiale qui affiche le taux le plus élevé de particules fines PM 2,5. Ce rapport avait été contesté par les autorités de la capitale indienne.

Ces particules extrêmement fines, de moins de 2,5 micromètres, peuvent passer dans le sang en pénétrant profondément dans les poumons. Leur présence accroît le risque de bronchites chroniques, de cancer du poumon et de maladies cardiaques.

Contrairement à Pékin, l’aggravation de la pollution à Delhi ne suscite qu’une faible prise de conscience collective.

Le tribunal indien a ordonné également que soient punis les feux de déchets à l’air libre et demandé aux autorités de multiplier les pistes cyclables et de faciliter le contournement de la capitale pour les camions.

« C’est un devoir constitutionnel et statutaire pour les autorités et ministères de s’assurer que la population respire un air propre », écrit-il.

La pollution à Delhi provient essentiellement des véhicules diesel, de la poussière des chantiers de construction mais aussi de la poussière venant du désert du Rajasthan ainsi que des feux à ciel ouvert pour la cuisine et le chauffage des plus pauvres.

© AFP

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