Conférence environnementale: annonces attendues sur des dossiers épineux

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Ségolène Royal à l’issue du Conseil des ministres le 26 novembre 2014 à l’Elysée à Paris
© AFP Alain Jocard

Paris (AFP) – Santé, transports, climat: la 3e conférence environnementale qui s’ouvre jeudi s’attaque à des dossiers épineux, les écologistes exigeant des engagements forts de François Hollande après un automne marqué par le drame de Sivens et le recul sur l’écotaxe.

A 10h, syndicats, patronat, ONG, élus et ministres se retrouveront à l’Elysée, pour cette réunion de deux jours qui est censée fixer la feuille de route verte du gouvernement pour 2015.

« Les trois grands chantiers discutés vont permettre des avancées significatives, c’est ma volonté », a promis, devant la presse, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, qui lancera la réunion avant l’allocution du chef de l’Etat.

Un an avant la tenue à Paris de la conférence visant un accord mondial sur le climat, il s’agit pour le président de mobiliser. Son discours devrait esquisser un bilan à mi-mandat, évoquer la transition énergétique et ses moyens.

Après la mort en octobre d’un jeune opposant au barrage de Sivens, il devrait s’exprimer aussi sur le « dialogue environnemental », a dit Mme Royal.

« Cette année, nous espérons que la parole de la société civile sera plus écoutée que d’habitude », souligne Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (FNE), le réseau associatif auquel appartenait le militant tué lors d’affrontements avec des forces de l’ordre. Les membres de FNE arboreront un badge avec une renoncule, fleur que défendait leur jeune adhérent.

« Nous sommes extrêmement circonspects, car bien échaudés », ajoute M. Hartmann, rappelant la suspension de l’écotaxe poids lourds qui devait contribuer à financer les infrastructures de transport.

Depuis l’annonce de ce retrait début octobre par Mme Royal, FNE ainsi que le Réseau Action Climat ont quitté les réunions de travail « transport et mobilité durables » préparatoires à la conférence environnementale, une table ronde qu’ils continueront de boycotter à la conférence jeudi et vendredi.

Cette semaine, le gouvernement a rouvert une porte sur l’écotaxe, François Hollande proposant une « expérimentation » du dispositif en Alsace-Lorraine.

« La suspension d’Ecomouv n’est pas la suspension du principe de l’écotaxe et encore moins celle du principe pollueur-payeur », a assuré pour sa part Mme Royal, hostile à une fiscalité qu’elle juge « punitive », mais qui compte aussi réactiver le « comité pour la fiscalité écologique ».

Après le discours de M. Hollande, les participants – plusieurs centaines – se retrouveront pour plancher dans le huis clos de leurs trois tables rondes sur des documents de travail amendés jusqu’au dernier moment. Ils formulent 159 propositions d’importance variable, attendant l’arbitrage final du gouvernement.

Sur les transports: encourager le covoiturage, ou stimuler l’innovation (« faire du développement de véhicules propres un axe structurant de la politique industrielle de la France »).

Le document de travail pose aussi que l’Etat concevra « en 2015 un système d’identification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes » (pour permettre par exemple de créer des zones d’accès restreint en centre-ville, comme il en existe déjà dans 200 agglomérations en Europe).

Sur la santé et l’environnement: une « campagne d’information grand public sur les impacts connus » des pesticides.

Il sera aussi question d’envisager la généralisation de la vente des médicaments à l’unité, sur la base d’un rapport remis au Parlement au plus tard en 2017, afin d’en réduire les résidus dans la nature.

Sur les nanomatériaux, « l’évaluation de leurs dangers » « sera poursuivie ». Autant de propositions sur la santé qui manquent d’ambition pour les ONG.

Sur le climat, il s’agira de mobiliser la société civile: labellisation d’initiatives, mobilisation des médias etc. Les propositions parlent aussi de reconquête de la biodiversité.

« Nous sommes plutôt satisfaits du lien fait entre climat et protection de la biodiversité » et de la nature en général, commente Annick Delhaye, vice-présidente de la région Paca. Qui regrette en revanche le « peu de ligne directrice en matière de crises sanitaires liées au climat ».

© AFP

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