Brésil: baisse de la déforestation en Amazonie mais les écologistes veulent plus

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 3 minutes  

deforestation amazonie

Une zone de la forêt nationale de Jamanxim en Amazonie s’est envolée en fumée, le 29 novembre 2009
© AFP/Archives Antonio Scorza

Brasilia (AFP) – La déforestation en Amazonie brésilienne a reculé de 18% entre 2013 et 2014, une bonne nouvelle à quelques jours de l’ouverture à Lima de la 20e Conférence de l’ONU sur le climat, alors qu’une ONG avait dénoncé une hausse des surfaces déboisées.

Les écologistes ont salué les efforts du gouvernement mais estimé toutefois que les déboisements restent trop importants.

La ministre de l’Environnement Izabella Teixeira a annoncé mercredi que la déforestation avait été de 4.848 km² sur les neuf Etats amazoniens du Brésil, entre août 2013 et juillet 2014, soit « le deuxième chiffre le plus bas de l’histoire, depuis que les surfaces déboisées sont calculées ».

Mais une ONG locale, l’Institut Imazon, avait affirmé mi-novembre que la déforestation était au contraire en forte hausse ces derniers mois.

Ces affirmations sont des « spéculations », « nous travaillons dur pour mettre un terme à la déforestation », a déclaré en conférence de presse Mme Teixeira.

Le Brésil était parvenu à réduire la déforestation, qui atteignait 27.000 km² en 2004, à 4.571 km² en 2011-2012. Depuis, la déforestation dans la plus grande forêt du monde a recommencé à augmenter pour s’établir à 5.891 km2 (+29%) en 2012-2013.

Les dernières mesures ont été réalisées par le système satellitaires PRODES géré par l’Institut de recherches spatiales (INPE), qui prend en compte les coupes rases et fait apparaître des tâches rouges ou marron au milieu d’un océan de vert.

L’ONG Institut Imazon avait affirmé en octobre de cette année que la déforestation était supérieure de presque 500% à celle enregistrée en octobre 2013, à 244 km², l’équivalent de 24.000 terrains de football.

Ces calculs non officiels avaient été réalisés avec la collaboration de Google Earth.

« Même si les chiffres ne sont pas officiels, (cette tendance) met en doute l’efficacité des politiques actuelles de prévention et de contrôle de la déforestation », avait regretté Imazon dans un communiqué.

« Beaucoup ont spéculé. Il y a des systèmes comme Imazon qui ont évoqué une augmentation (de la déforestation). Maintenant, c’est un chiffre officiel. Je ne veux pas dire que d’autres (organismes) ne peuvent pas surveiller la situation. Mais nous ne pouvons pas mélanger les méthodes ni les informations », a pour sa part assuré la ministre de l’Environnement.

Dans deux des neuf Etats amazoniens brésiliens seulement, l’Acre et le Roraima, au nord du pays, les déboisements n’ont pas diminué.

Ces bons chiffres sont dus « à un gros travail de contrôle, de renseignement et de régulation environnementale. Nous avons fait du contrôle préventif », a souligné la ministre, ajoutant que depuis 2004 la déforestation a reculé de 83%.

Afin de mieux lutter contre ce phénomène, les autorités brésiliennes ont récemment annoncé l’adoption d’un nouveau système d’alerte par satellite ainsi qu’un accroissement de la lutte contre le crime organisé.

« Les chiffres sont une bonne nouvelle. Le Brésil apporte des chiffres positifs pour le pays à la 20e Conférence de l’ONU sur le climat (COP20, du 1er au 12 décembre à Lima). Mais il n’y a pas de quoi se réjouir car on est loin du +déboisement zéro+ », a réagi auprès de l’AFP un des responsables de Greenpeace pour l’Amazonie, Paulo Adario.

Il considère que l’INPE (public) a les meilleurs systèmes de détection et calculs de la déforestation. (A ce sujet lire notre article sur l’usage des satellites par l’INPE pour surveiller la déforestation)

« Nous étions tous inquiets car la tendance à la baisse avait été interrompue l’an dernier. Apparemment cela n’a été qu’un pic hors de la courbe, nous espérons que cela continuera à se confirmer », a-t-il ajouté.

Pour M. Adario, ces résultats confirment qu’au Brésil on peut produire des aliments sans avoir besoin de déboiser.

« La production brésilienne de céréales a augmenté au cours des dernières années. Celle de viande bovine aussi et le Brésil est l’un des plus grands producteurs (agricoles) du monde. Cette discussion selon laquelle il faut choisir entre protéger l’environnement et produire des aliments est fausse », a-t-il souligné.

Selon M. Adario, il suffit « d’utiliser les zones dégradées » pour planter ou faire des pâturages.

© AFP

Media Query: