Sardines et anchois: l’Ifremer tente de comprendre la raréfaction en Méditerrannée

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thons sardines

Le navire Suroit de l’Ifremer dans la mer de Marmara, au sud d’Istanbul, le 7 novembre 2009
© AFP/Archives Michel Sailhan

Paris (AFP) – L’institut de recherche marine Ifremer tente de comprendre pourquoi les prises de sardines et d’anchois d’une taille commercialisable sont devenues extrêmement rares dans le golfe du Lion ces dernières années.

« La production a énormément diminué pour les deux espèces. En fait, il y a beaucoup de poissons mais ils ne grandissent pas. (…) C’est un problème assez inhabituel pour la communauté scientifique », a expliqué jeudi Claire Saraux, responsable d’un programme de recherche sur le sujet à l’Ifremer de Sète, lors d’une table ronde sur la pêche à Paris.

En 2014, les prises de sardines et d’anchois des pêcheurs de Sète, n’ont atteint qu’environ 200 tonnes, contre 4 à 5.000 tonnes en 2007-2009, a précisé à l’AFP Bertrand Wendling, directeur de leur coopérative.

Surtout, les sardines sont bien trop petites pour être commercialisées: il en faut désormais 45 à 60 pour faire un kilo contre seulement une trentaine auparavant, selon lui.

Selon les premiers résultats de l’étude, « il y a très peu de chances pour que la prédation du thon rouge soit en cause », estime Mme Saraux.

L’hypothèse avait été au départ avancée par les pêcheurs face au retour du prédateur à la faveur de stricts quotas de pêche.

Mais l’analyse de leurs estomacs a montré qu’ils ne se nourrissaient que de petites sardines, et non pas des grosses qui ont disparu, a expliqué la scientifique.

L’Ifremer étudie donc d’autres hypothèses: une modification du plancton dont se nourrissent les sardines, peut-être en faveur d’espèces moins énergétiques qui les font moins grossir. Ou bien la présence de bactéries ou de virus.

« Il est habituel d’avoir des variations sur les stocks de pélagiques mais c’est souvent dû à des problèmes de mortalité larvaire », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, précise Mme Saraux.

Face à l’effondrement des prises, les pêcheurs ont dû se réorienter vers des espèces de grands fonds (loups, daurades).

A Sète, le nombre de chalutiers est passé de 30 à 14 entre 2007 et 2014, selon M. Wendling. Un seul chalutier continue à pêcher le « poisson bleu ».

© AFP

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