Climat: à Berlin, le Fonds vert de l’Onu lève plus de 9 milliards de dollars

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Le fonds vert de l’Onu se réunit à Berlin pour aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement climatique
© AFP/Archives Dimitar Dilkoff

La directrice du Fonds vert de l’ONU Hela Cheikhrouhou lors d’une conférence de presse à Berlin le 20 novembre 2014
© AFP Odd Andersen

Berlin (AFP) – Le Fonds vert de l’Onu, mécanisme financier chargé d’aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement climatique, a levé entre 9,3 et 9,4 milliards de dollars lors d’une Conférence qui a réuni une trentaine de pays contributeurs à Berlin.

« C’est un jour historique » et « extrêmement important », s’est réjouie Héla Cheikhrouhou, la directrice du Fonds à l’issue de la réunion, lors d’une conférence de presse avec les ministres allemands du Développement, Gerd Müller, et de l’Environnement, Barbara Hendricks, hôtes de cette première réunion formelle des donateurs du Fonds vert pour le climat (FVC).

« C’est une journée vraiment marquante pour la vie du Fonds (…) On est presque à 9,4 milliards de dollars de contributions », a-t-elle ajouté auprès de l’AFP, alors que le Fonds tablait sur 10 milliards pour fin 2014.

Avec environ 1,2 milliard de dollars, la Grande-Bretagne a apporté jeudi une contribution substantielle. Plusieurs pays ont abondé plus modestement le Fonds, à l’image du Panama qui a promis un million d’euros tandis que d’autres, comme le Canada ou la Pologne, devraient annoncer leur contribution lors de la réunion de Lima.

Dans un communiqué, le secrétariat général de l’Onu a salué ces contributions qui font renter le FVC dans une phase « opérationnelle ».

Berlin est « un premier pas mais le compte n’y est pas », a réagi dans un communiqué l’ONG Oxfam France, qui appelait à une capitalisation « d’au moins 15 milliards » de dollars, et regrette que « des pays comme l’Australie, l’Autriche ou la Belgique n’aient toujours pas pris d’engagement.

Le FVC vise à aider les pays les plus exposés au réchauffement climatique en soutenant des projets « verts » concrets contribuant, par exemple, à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, à faire reculer la déforestation où encore à se protéger contre la montée des eaux.

Selon les experts, il faut circonscrire à 2°C la hausse des températures, limite au-delà de laquelle la planète serait soumise à des dérèglements climatiques majeurs. A ce titre, le FVC, qui est susceptible de recevoir des fonds publics et privés, dons ou prêts, s’inscrit dans l’objectif de l’Onu de dégager 100 milliards de dollars pour l’action contre le réchauffement climatique d’ici 2020. Une partie encore non déterminée de cet argent transitera par le Fonds.

Alors que les pays reconnaissent volontiers le danger que représente pour l’humanité le changement climatique, ils peinent à dégager les ressources financières adéquates.

De ce point de vue, Berlin est un « moment essentiel pour montrer que la communauté internationale est sérieuse pour faire » du FVC « l’instrument clé, central dans architecture financière internationale » pour le climat, a estimé Mme Cheikhrouhou.

Les représentants d’une trentaine de pays contributeurs, pour beaucoup des pays riches, s’étaient donné rendez-vous à Berlin pour y formaliser leurs contributions, dont plusieurs avaient déjà été formulées auparavant, afin de doter officiellement ce mécanisme financier de fonds propres pour les quatre prochaines années.

L’organisme est pourtant resté longtemps privé de moyens. Mais les annonces faites le week-end dernier, au G20 de Brisbane en Australie, où Etats-Unis et Japon ont respectivement promis 3 milliards et 1,5 milliard de dollars, lui avaient donné un coup de fouet.

Ces sommes étaient venues s’ajouter à celles déjà promises auparavant, permettant au Fonds d’aborder le rendez-vous berlinois avec 7,5 milliards de dollars de promesses de contributions, émanant de 13 pays, comme la France et l’Allemagne (1 milliard chacun).

« Le changement climatique est un problème fondamental pour la survie de l’humanité », a insisté le ministre allemand, Gerd Müller, jugeant que la conférence de Berlin était le signe « que la communauté internationale est rassemblée » pour lutter contre ce problème.

Berlin est le signe que « nous n’allons pas abandonner les pays en développement » dans cette lutte, a abondé de son côté Mme Hendricks.

Cette réunion « va vraiment aider à avoir un climat de confiance » lors de la réunion de l’Onu sur le climat début décembre à Lima, et, « éventuellement, pour avoir un accord à Paris » l’an prochain, a encore souligné Héla Cheikhrouhou.

Cruciale, la Conférence de Paris, prévue fin 2015, doit déboucher sur un accord mondial sur le climat.

© AFP

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