Etats-Unis: hécatombe des étoiles de mer sur la côte ouest due à un virus

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étoiles de mer

Un virus est responsable de l’hécatombe sans précédent et jusque-là mystérieuse des étoiles de mer sur la côte ouest des Etats-Unis depuis le printemps 2013, selon des scientifiques
© AFP/Archives Mustafa Ozer

Washington (AFP) -Un virus est responsable de l’hécatombe sans précédent et jusque-là mystérieuse des étoiles de mer sur la côte ouest des Etats-Unis depuis le printemp s 2013, ont déterminé des scientifiques.

C’est en étudiant des spécimens qui se trouvent notamment au musée d’histoire naturelle du comté de Los Angeles que ces experts ont pu résoudre cette énigme, expliquent-ils dans leurs travaux publiés lundi dans les Comptes rendus de l’académie américaine des sciences (PNAS).

Le microbiologiste Ian Hewson de l’Université Cornell (Etat de New York, nord) et d’autres scientifiques ont pu ainsi démasquer le tueur d’étoiles de mer: il s’agit d’un densovirus associé à ces échinodermes, dit « Sea Star Associated Densovirus ».

Les échantillons analysés dans différents musées d’histoire naturelle montrent que ce virus est présent en faible densité depuis au moins 72 ans. Il avait été détecté la première fois dans des étoiles de mer mortes et préservées en 1942, puis en 1980, en 1987 et en 1991.

Cette recherche suggère que la maladie a atteint récemment une ampleur épidémique en raison de la surpopulation des étoiles de mer, des changements environnementaux ou peut-être à cause d’une mutation du virus. Cet agent pathogène peut aussi être transporté par les courants marins, ce qui peut expliquer aussi sa propagation rapide.

Cette hécatombe frappe au moins vingt différentes espèces d’étoiles de mer vivant sur le littoral et en captivité, du sud de l’Alaska à la Californie et aussi en basse Californie, au Mexique.

Les plus touchées sont la Pisaster ochraceus, de couleur pourpre, et la Pycnopodia helianthoide, aussi appelée Soleil de mer. De couleurs variables, cette dernière est considérée comme la plus grande des étoiles de mer, son diamètre pouvant dépasser un mètre.

Les signes les plus communément observés de ce syndrome de dépérissement sont des lésions superficielles blanches qui s’étendent rapidement, suivies par un ramollissement de l’animal, la perte de ses bras et une désintégration de son corps aboutissant à sa mort quelques jours.

Des populations entières de ces étoiles de mer ont été décimées dans le détroit de Puget, dans l’Etat de Washington (nord-ouest des Etats-Unis), et la mer des Salish en Colombie-Britannique (Canada) ainsi que le long de la côte californienne, selon une recherche de l’Institut américain de géophysique (USGS), avec un taux de mortalité estimé à 95%.

Cette disparition massive aura un impact néfaste important durable sur l’écosystème côtier parce que les étoiles de mer sont des prédateurs importants, dont notamment le « Pisaster ochraceus » qui se nourrit de crustacés comme les moules, les berniques et les escargots de mer.

Si cette espèce venait à disparaître, les populations de ces mollusques augmenteraient considérablement, ce qui pourrait profondément modifier l’écosystème rocheux situé sur les estrans, jugent les scientifiques.

Les larves d’étoiles de mer sont aussi un composant important du plancton, la base de la chaîne alimentaire des océans.

© AFP

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