LGV Lyon-Turin: la Commission européenne se défend de critiquer le projet 18:42 – 05/11/14

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LGV Lyon-Turin

Le coordonnateur européen pour le corridor méditerranéen Laurens Jan Brinkhorst le 30 juillet 2004 à Genève
© AFP/Archives Martin Bureau

Bruxelles (AFP) – La Commission européenne a démenti mercredi avoir émis des critiques devant le Parlement européen sur le coût et l’impact environnemental du projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Lyon en France et Turin en Italie, affirmant le « soutenir pleinement ».

« La Commission européenne soutient pleinement la nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin. Depuis le lancement de la politique Réseau Transeuropéen de Transport (RTE-T) de l’Europe, ce projet figure parmi les projets d’infrastructure les plus importants et reçoit le soutien entier de l’Europe », a affirmé dans un communiqué le coordonnateur européen pour le corridor méditerranéen Laurens Jan Brinkhorst.

« Le Lyon-Turin représente le seul passage est-ouest ou ouest-est dans les Alpes qui permet ainsi, non seulement l’échange de biens entre la France et l’Italie du Nord mais aussi entre l’Espagne et l’Italie, reliant la péninsule ibérique et le Midi de la France à l’est de l’Europe », a-t-il souligné.

M. Brinkhorst a récusé une présentation de l’eurodéputée verte française Karima Delli. Selon elle des représentants de la Commission européenne avaient pris leurs distances mardi avec le projet au cours d’une audition devant la commission Transports du Parlement, relevant notamment que le coût grimperait à 26 milliards d’euros dans les projections actuelles.

Cette présentation a été faite par des experts indépendants et non des fonctionnaires de la Commission, a insisté M. Brinkhorst.

Selon Mme Delli, l’impact environnemental du projet avait également été mis en cause, tant au niveau des émissions de CO2 lors du chantier que du retraitement des déchets générés par les travaux. Et citant un rapport de la Commission, elle a ajouté que le tunnel de base serait construit dans une première phase précisant « les autres éléments suivront seulement si la demande de transport sur le réseau croit vers les limites de capacité ».

Selon Mme Delli cela signifie que « la viabilité économique du projet n’étant pas assurée, la Commission se prononce aujourd’hui pour un financement et une réalisation segmentés » ». « Il s’agit bien là, et c’est une première, d’une forme de désengagement de la Commission sur le projet dans son ensemble », a jugé l’élue.

Dans le projet souhaité par Paris et Rome, objet d’oppositions significatives localement, l’Union européenne doit financer 40% des 8,5 milliards d’euros que coûtera la seule construction du tunnel de 57 km, soit 3,4 milliards, l’Italie versant 2,9 milliards et la France 2,2 milliards.

La Cour des comptes en France a stigmatisé « la part de responsabilité de l’Europe dans le dévoiement du rôle conféré à la grande vitesse », en « échafaudant un plan ambitieux de réseau européen de transport (…) quitte à prendre fait et cause pour des projets dont la rentabilité socio-économique est discutée ».

© AFP

 

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