ND-des-Landes: Valls réaffirme « la détermination de l’État »

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e site de l’aéroport international près de Notre-Dame-des-Landes le 11 mai 2013
© AFP/Archives Jean-Sébastien Evrard

Nantes (AFP) – Le Premier ministre Manuel Valls a réaffirmé « la détermination de l’Etat » à voir « réalisé » l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais une fois tous les recours épuisés, comme l’avait déjà dit son prédécesseur Jean-Marc Ayrault, ont rappelé mercredi les opposants au projet.

« La détermination de l’Etat à voir ce projet réalisé est intacte », écrit M. Valls dans un courrier à une association favorable à la construction de l’aéroport, daté du 28 octobre mais rendu public mardi soir, en pleine controverse autour d’un autre projet contesté, le barrage de Sivens (Tarn), auquel la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a dit vouloir trouver des « solutions alternatives ».

« A l’ouest, rien de nouveau », ont réagi les principaux opposants à Notre-Dame-des-Landes, le Premier ministre expliquant à l’association « Des ailes pour l’Ouest » que, « conformément aux engagements pris par le gouvernement, les travaux ne s’engageront qu’une fois les recours contre le projet jugés ».

« En fait, Manuel Valls ne dit rien de nouveau sur le projet d’aéroport #NDDL: c’est la position du gouvernement depuis mars dernier », depuis un « accord PS EELV » avant les élections municipales, rappelle sur son compte Twitter le député écologiste de Loire-Atlantique, François de Rugy.

Le chef de file des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé, a lui pointé du doigt sur France Info un « entêtement vain et inutile » du Premier ministre.

« Il n’y a pas de surprise sur le fond. C’est exactement ce que Jean-Marc Ayrault a déjà dit. Mais cela veut tout de même dire que le gouvernement persiste à ne pas regarder le fond du dossier (…) et reçoit à Matignon l’association +Des ailes pour l’Ouest+ alors que nous n’avons toujours pas été reçus au ministère de l’Ecologie, malgré la promesse de (l’ancien ministre) Philippe Martin », a déploré Françoise Verchère, présidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa).

« Cette lettre a été écrite trois jours après le drame de Sivens (et la mort d’un manifestant de 21 ans, Rémi Fraisse, ndlr), je trouve cela un minimum décalé, voire dangereux (…). Elle n’apporte rien de plus, si ce n’est jeter de l’huile sur le feu, alors qu’on n’en a pas besoin », a estimé Jean-Philippe Magnen, vice-président (EELV) du conseil régional des Pays de la Loire.

« Pour l’intérêt général et après ce qui s’est passé à Sivens, a minima un moratoire durable, cela permettrait d’apaiser », a-t-il poursuivi.

« Est-ce que c’est un baroud d’honneur? », s’est-il également interrogé. « M. Valls dit bien qu’il attendra la fin de tous les recours, il y en a encore pour quelques années de procédure. Dans ce quinquennat, il n’y aura pas une pierre de posée à Notre-Dame-des-Landes », a prédit M. Magnen.

Le président de l’association « Des ailes pour l’Ouest », Alain Mustière, s’est quant à lui félicité de « la confirmation » par Manuel Valls de la réalisation de l’aéroport.

« Nous n’avons jamais douté de la volonté de l’Etat en Région, mais ce courrier avec l’emploi du futur est aujourd’hui la preuve qu’au plus haut niveau de l’Etat, ce transfert de l’aéroport de Nantes est jugé indispensable », assure-t-il dans un communiqué.

Début septembre, l’association pro-aéroport avait demandé dans une lettre ouverte au Premier ministre d’arrêter de « tergiverser sur ce transfert alors que les nouveaux recours des opposants ne sont pas suspensifs » et réclamé le lancement rapide des travaux.

Le projet prévoit le transfert de l’actuel aéroport de Nantes, situé en zone urbaine, vers Notre-Dame-des-Landes, à une quinzaine de kilomètres au nord de la ville. L’inauguration du futur aéroport, initialement prévue en 2017, n’est désormais pas envisagée avant 2019 par les partisans du transfert.

© AFP

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