Coup de gueule de la FNSEA contre le « show médiatique » sur le bien-être animal

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Le président de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), Xavier Beulin, le 26 septembre 2014 à Paris
© AFP/Archives Stephane de Sakutin

Paris (AFP) – « En colère », le principal syndicat agricole français, la FNSEA, a martelé mercredi qu’il prenait soin du « bien-être animal », dénonçant un « show médiatique » sur la souffrance des animaux d’élevage et des tentatives législatives pour modifier leur statut de « biens ».

« Je suis un peu en colère », a déclaré le président de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), Xavier Beulin. Même « si on n’est pas exemplaire en tout (…) il faut calmer le jeu ».

L’image qu’on donne de l’élevage français est erroné selon lui. « Je ne peux accepter qu’on généralise des systèmes qu’on va chercher ailleurs, loin de nos frontières », a-t-il ajouté.

Devant la multiplication de livres dénonçant l’élevage industriel et les conditions dans les abattoirs — dont les derniers en date sont signés du moine bouddhiste Matthieu Ricard et du journaliste Franz-Olivier Giesbert–, la FNSEA veut passer à la contre-offensive et lancer une « campagne d’explication », notamment sur les réseaux sociaux.

« On est pas des monstres, on est des éleveurs », a renchéri la vice-présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, déplorant un « show médiatique » autour du végétarisme « avec Beyonce qui est fière d’avoir arrêté la viande pendant 8 jours ». « C’est branché, c’est people », a-t-elle ironisé.

Aussi, la FNSEA a organisé mercredi un déjeuner de presse en présence de plusieurs éleveurs venus décrire l’attention qu’ils accordaient au bien-être de leurs animaux, tels que les « logements collectifs » pour les canards à gaver et encore le soin apporté aux vaches qui « s’isolent », signes que « quelque chose les perturbe ».

Mais la bataille a également lieu sur le plan législatif. L’Assemblée nationale doit voter jeudi soir une disposition reconnaissant aux animaux la qualité symbolique d’êtres vivants « doués de sensibilité », alignant ainsi le code civil sur les codes pénal et rural.

Il s’agit d’une mesure déjà votée dans le cadre d’un projet de loi de modernisation et de simplification du droit, mais recalée en commission mixte.

Ce texte est un moindre mal pour la FNSEA qui craignait plus que tout que les animaux se voient doter d’une nouvelle catégorie, entre celle des hommes et celles des biens, comme l’avait demandé une vingtaine d’intellectuels en 2013.

La formulation qui devrait être votée, selon Mme Lambert, que « l’animal est doué de sensibilité, soumis au régime des biens ». « Le risque nous paraît gérable », a-t-elle dit.

« On accepte qu’il y ait une évolution », a renchéri M. Beulin, « sans pour autant remettre en cause la notion de la relation entre l’éleveur et son animal qui est une relation de subordination ».

De son côté, l’association militante L 214 a réaffirmé mercredi, dans un communiqué, que « contrairement aux propos tenus par la FNSEA, les normes minimales de protection animale sont loin d’être respectées dans les élevages et les abattoirs français », jugeant que la majorité des animaux d’élevage sont « privés de l’expression de comportements essentiels à leur bien-être » et dénonçant « des infractions récurrentes aux normes minimales ».

© AFP

 

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