Climat: après New-York, les négociateurs ont rendez-vous à Bonn

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Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’exprime le 23 septembre 2014 à New York lors du sommet sur le climat
© AFP Timothy A. Clary

Paris (AFP) – Après le sommet de New-York et avant la conférence annuelle de l’Onu sur le climat organisée en décembre à Lima, les négociateurs de 195 pays ont rendez-vous à Bonn (Allemagne), de lundi à samedi, pour progresser vers un accord attendu en 2015, aux contours encore flous.

A un peu plus d’un an de la Conférence de Paris, la tâche est immense avant d’arriver à un consensus sur un texte qui doit permettre de limiter, à terme, la hausse des températures au niveau mondial à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Au-delà de ce seuil, les conséquences s’annoncent très coûteuses et dramatiques, préviennent les scientifiques, avec même une adaptation impossible pour certaines populations.

Sur la base des derniers rapports du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) publiés ces derniers mois, les Etats ont réaffirmé en septembre, au sommet organisé par le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon, leur conscience de l’absolue nécessité d’agir.

« Il y a un sujet qui marquera les contours de ce siècle de manière plus spectaculaire que tous les autres: il s’agit de la menace urgente et croissante du changement climatique », a lancé à la tribune Barack Obama.

« A New-York, il y a eu plus de 120 chefs d’Etats et de gouvernement, c’est un bon point, ça a mis le climat sur leur radar », estime Seyni Nafo, porte-parole des pays africains pour les négociations.

Le rendez-vous new-yorkais a aussi montré les fortes attentes de la société civile, avec quelque 300.000 manifestants dans les rues de Manhattan, et une mobilisation grandissante dans les milieux économiques et financiers sur les enjeux du climat.

Plus de 1.000 entreprises et 73 pays (Chine, Union européenne, Russie notamment) – responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES) – ont ainsi apporté leur soutien au principe de faire payer les émissions de CO2, le plus important des GES.

Mais passer des bonnes intentions théoriques à une action concertée au niveau mondial reste un défi. A Bonn, les négociateurs veulent poser des jalons avant Lima, où ils espèrent parvenir à un avant-projet de texte.

Des questions clés sont encore sans réponse sur la contribution de chaque pays à l’effort mondial pour se détourner des énergies fossiles et bâtir des économies moins gourmandes en énergie.

Pour la baisse des émissions de gaz à effet de serre, quelle année de référence doit-elle être prise en compte? Cela change tout pour des pays comme la Chine dont le formidable développement économique a fait s’envoler ses émissions.

Comment les engagements que prendront les pays en 2015 doivent-ils être formulés? Une baisse absolue de leurs émissions, une réduction par habitant, par rapport à un scénario de « laisser faire » (business as usual) ou par unité de PIB? Le débat est ouvert. « Cela va prendre des formes variables » suivant les pays, pronostique Benoît Leguet, chercheur à CDC Climat.

« Il y a beaucoup de propositions sur les indicateurs qui pourraient être utilisés et les négociations seront très dures à ce sujet », explique à l’AFP Seyni Nafo.

Ensuite, « il va falloir évaluer le total des contributions (par rapport à l’objectif des 2°C) et dire si cela sera suffisant », souligne le porte-parole africain.

Il faudra aussi suivre année après année les efforts engagés et les résultats obtenus: « La crédibilité du futur accord repose sur un système de reporting, de suivi très précis des Etats », prévient Paul Watkinson, négociateur pour la France.

La question des moyens (financements, transferts de technologie), que ce soit pour réduire les émissions ou s’adapter au changement climatique, est aussi un élément central des discussions.

Le futur accord de 2015 « devra contenir des engagements des pays développés avec des garanties pour des financements nouveaux, adéquats, de long terme et prévisibles, destinés à l’atténuation (des émissions) et l’adaptation », réclame Ronny Jumeau, au nom des petits Etats insulaires. Une vision également partagée par le groupe des 48 pays les moins développés.

© AFP

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