Brésil: Greenpeace dénonce l’exportation illégale de bois vers quatre pays européens

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Des palmiers à huile au Brésil
© AFP/Archives Nelson Almeida

Santarém (Portugal) (AFP) – Des arbres abattus clandestinement en Amazonie brésilienne sont transportés la nuit en grumiers dans des scieries qui ensuite traitent et exportent le bois comme s’il était d’origine légale vers la France, la Belgique, la Suède et les Pays-Bas, dénonce Greenpeace.

Une porte-parole de l’ONG a expliqué à l’AFP mardi soir que Greenpeace a mené une enquête dans la région de Santarem, au nord de l’Etat amazonien du Para, qui a montré que « de janvier à août 2014 la France, la Belgique, la Hollande et la Suède ont eu une relation commerciale directe avec trois de ces scieries : Rainbow Trading Importação e Exportação LTDA, Comercial de Madeiras Odani LTDA et Sabugy Madeiras LTDA.

« Rainbow Trading exporte vers la France et Odani sous-traite pour Rainbow », a souligné la porte-parole, Marina Lacorte.

Santarem concentre le principal pôle de l’industrie du bois du Para, l’Etat qui produit et exporte le plus de bois d’Amazonie, précise Greenpeace dans un communiqué à l’AFP.

L’AFP a effectué mardi un survol de la zone dans l’avion de Greenpeace et a pu voir « plusieurs clairières et routes ouvertes dans la forêt », selon un reporter AFP/TV.

« Ce sont de petites zones qui mettent du temps à apparaître et les images satellites ne les détectent pas », précise Marina Lacorte.

Greenpeace a réussi à établir « les liens d’une chaîne d’exploitation sale qui détruit des zones reculées de la forêt et a un rapport avec la violence contre des communautés locales », selon elle.

L’enquête de Greenpeace –qui a caché des sortes de GPS sous les camions-grumiers pour surveiller leur trajet– a révélé aussi « que les papiers officiels ne sont même pas capables de garantir l’origine légale du bois ».

Depuis 2006, le ministère de l’Environnement a passé la responsabilité de l’exploitation forestière aux Etats fédérés qui ferment les yeux, voire encouragent l’activité, estime Mme Lacorte.

Dans le Para, près de 80% de l’essence « ipé » est abattue illégalement. Très prisé, notamment pour les decks de piscine, il peut atteindre 2.500 euros le mètre carré.

Greenpeace appelle le gouvernement brésilien à revoir toutes les autorisations données depuis 2006 aux exploitants forestiers et à reprendre le contrôle de cette activité.

L’ONG souligne que « en maintenant ses portes ouvertes au bois illégal, le marché devient complice de la destruction en Amazonie »

En mai, Greenpeace avait lancé la campagne « Crise silencieuse en Amazonie » et dénoncé que 20% à 40% du bois importé en Europe est d’origine illégale.

Le 22 mai, des militants avaient symboliquement « mis sous scellé » du bois importé du Brésil et du Congo RDC sur le port de La Rochelle, pour dénoncer « l’inaction » de la France contre l’importation de bois illégal.

© AFP

 

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