Amendes requises pour pollution de l’estuaire de la Gironde en 2007

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Le 15 juillet 2008 l’estuaire de la Gironde vu de la citadelle Vauban à Blayedans le sud-ouets de la France
© AFP/Archives Pierre Andrieu

Bordeaux (AFP) – Des amendes de 30.000 et 5.000 euros ont été requises lundi à l’encontre de la Société pétrolière du bec d’Ambès (SPBA), filiale des groupes Total et Esso, et de son ex-directeur général pour avoir pollué la Gironde après la rupture d’une cuve d’hydrocarbure en 2007.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a mis son jugement en délibéré au 17 novembre.

Durant six heures d’audience et plus de sept ans d’instruction, la décision prise par l’ex-directeur général de la SPBA au moment de la découverte d’une fuite sur une cuve de pétrole brut de 13.000 mètres cubes a été au coeur de toutes les interrogations.

Les multiples parties civiles, associations de défense de l’environnement, de la faune, de la flore et également de la commune de Macau (Gironde) qui fait face au complexe pétrolier sur l’estuaire de la Gironde, ainsi que l’a résumé la représentante du parquet, Anne-Cécile Dumonteil, ont reproché à Gilles Coudrette de ne pas « avoir au moins vidé en partie la cuve » alors qu’une fuite avait été détectée le 11 janvier 2007 en fin de journée.

Le lendemain matin, la cuve se rompait, les 13.000 m3 se déversant dans des bacs de rétention et une quantité estimée entre 50 et 150 m3 débordant dans les eaux de la Dordogne et de la Garonne par l’effet des marées montantes.

Pour Me François Ruffié, représentant de cinq associations environnementales pour lesquelles il a réclamé plus de 250.000 euros de dommages et intérêts, « le simple bon sens était la vidange » mais « la société a privilégié la rentabilité au préjudice de notre richesse qu’est l’environnement ».

Me Pierre Landete, avocat de la commune de Macau classée site Natura 2000, a souligné « l’évidence d’une faute » et relevé un « contexte de négligences ». Il a réclamé 1.000 euros de dommages pour chacun des 3.560 habitants de la commune, soit 3,560 millions d’euros au total.

M. Coudrette et l’actuel directeur général de la SPBA, Patrick Moatti, ont souligné que la vidange avait été programmée au lendemain de la découverte « d’une fuite faible, un suintement », et que « rien ne dit que cela aurait évité la rupture » de la cuve.

Leurs avocats ont plaidé la relaxe, arguant qu' »aucun élément d’infraction » pour lesquels ils ont été mis en examen en décembre 2013 n’était réuni. Selon eux, le processus d’effondrement de la cuve, dû à de la corrosion et des cavités sous le sol, était « inéluctable » et leurs clients ont « agi en fonction des connaissances qui étaient les leurs ».

© AFP

 

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