Stocamine: vers un retrait plus important de déchets enfouis en Alsace

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Stocamine

A l’ouverture du procès de Stocamine au Tribunal de Grande Instance de Mulhouse le 19 novembre 2007
© AFP/Archives Johanna Leguerre

Strasbourg (AFP) – Le gouvernement a tranché en faveur d’un nouveau scénario de retrait des déchets industriels du site de stockage Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin), plus ambitieux que le projet initial décrié localement pour ses risques environnementaux.

La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, en a informé des élus locaux, dont le président du conseil régional d’Alsace, Philippe Richert (UMP), dans une lettre que ce dernier a rendu publique jeudi.

Ouvert à la fin des années 1990 à 500 mètres sous terre dans une ancienne mine de potasse près de Mulhouse, Stocamine a connu en 2002 un incendie qui a interrompu son activité. Il constituait le seul centre de stockage en France des déchets les plus dangereux.

Après une dizaine d’années d’inaction, l’Etat avait opté fin 2012 pour un scénario de fermeture du site avec un enfouissement définitif des déchets, mais prévoyant le retrait préalable de plus de la moitié de la masse de mercure contenu dans les déchets mercuriels et arséniés.

Ce projet a suscité une levée de boucliers tant de la part des élus locaux que de collectifs, pointant du doigt le risque de contamination de la nappe phréatique par les déchets voués à rester enfouis, et poussant le gouvernement à lancer une nouvelle concertation en 2013.

« Pour tenir compte des attentes exprimées par les élus et la population », Mme Royal annonce dans son courrier, datant de début août, qu’elle demande désormais à l’exploitant de retirer « un maximum de déchets mercuriels et arseniés soit jusqu’à 93% du mercure contenu ».

Ce nouveau scénario plus ambitieux devra cependant être doublé, par précaution, d’un projet « de repli » en cas de difficultés techniques, avec un retrait moindre mais « d’au moins 56% du mercure contenu dans les déchets », est-il précisé.

Les déchets considérés comme les moins dangereux resteront enfouis et devront faire l’objet de mesures de confinement.

Cette décision du gouvernement ouvre la voie à une procédure qui nécessite encore plusieurs étapes (avis d’un organisme indépendant, enquête publique) avant que ne soit mise en œuvre la fermeture définitive du site.

Philippe Richert a salué « cette décision en faveur de la préservation de la nappe phréatique alsacienne et l’avenir des générations futures ».

En juin, la Cour des comptes avait déploré les atermoiements de l’Etat dans ce dossier, estimant que l’absence de prise de décision avait déjà coûté 45 millions d’euros au contribuable et qu’elle coûtait 5,5 millions de plus chaque année.

© AFP

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