Japon: de l’iode pour les riverains de réacteurs nucléaires susceptibles de redémarrer

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Japon réacteurs nucléaires

La centrale nucléaire de Sendai, dans la préfecture japonaise de Kagoshima, le 28 avril 2014
© Jiji Press/AFP/Archives

Tokyo (AFP) – La préfecture japonaise de Kagoshima (sud-ouest) a indiqué avoir procédé dimanche à une distribution d’iode stable aux personnes habitant à moins de 5 km des réacteurs nucléaires Sendai 1 et 2 susceptibles de redémarrer, appliquant ainsi pour la première fois de nouvelles mesures de précaution décidées après l’accident de Fukushima.

« Quelque 4.715 personnes de plus de trois ans sont concernées par cette disposition et 2.420 ont reçu dimanche des comprimés d’iode stable », a expliqué à l’AFP un fonctionnaire local.

Cinq lieux d’accueil avaient été aménagés et la distribution effectuée après des séances d’explications sur le sens de cette initiative.

« Les personnes qui n’en ont pas reçu cette fois pourront s’en procurer ultérieurement », a précisé le responsable.

Pour les administrés vivant au-delà de 5 km du site, l’iode stable n’est pas fourni au préalable mais le sera si besoin le moment venu en cas d’accident, a-t-il ajouté.

Les comprimés reçus doivent être conservés par les personnes concernées et n’être avalés que sur consigne des autorités en cas de fuite radioactive.

La prise d’iode stable permet de saturer la thyroïde, de sorte que l’iode 131 radioactif émanant du site atomique accidenté n’y prenne pas place. Ceci permet de protéger cette glande contre le risque d’apparition de cancer.

En France, le gouvernement a décidé depuis 1997 d’organiser des distributions de comprimés d’iode pour les populations résidant dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires.

Au Japon, cette distribution est mise en oeuvre pour la première fois. Elle découle des nouvelles mesures décidées par l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) mise en place après l’accident de Fukushima, un désastre qui, en mars 2011, a démontré de la pire façon les lacunes des dispositions antérieures.

Des dizaines de milliers de personnes avaient alors été sommées de quitter leur maison et d’abandonner tous leurs biens, fuyant parfois, faute d’informations claires, dans des lieux encore plus affectés par la pollution radioactive que ceux qu’ils venaient de déserter.

Distribuer au préalable de l’iode stable, c’est aussi reconnaître un risque d’accident, ce que les autorités nippones rechignaient auparavant à faire pour ne pas effrayer les populations. Désormais l’éventualité d’un accident grave est prise en compte dans les nouvelles normes et mesures instaurées en tirant les leçons de la catastrophe de Fukushima.

La distribution à Kagoshima a été effectuée dimanche du fait de la probabilité d’un redémarrage prochain des réacteurs Sendai 1 et 2, que l’Autorité de régulation a jugé sûrs et qui devraient être certifiés conformes aux nouvelles normes dans quelques semaines. Le feu vert politique devrait ensuite être donné pour leur permettre de redémarrer.

Actuellement, les 48 réacteurs du pays (sans compter les six condamnés de Fukushima) sont tous arrêtés et aucun ne peut être relancé sans la validation de la NRA.

© AFP

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