Élargissement directive nitrate: les agriculteurs découragés

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Un champ de mais en août 2011 à Crest
© AFP/Archives Jean-Philippe Ksiazek

Paris (AFP) – Les principaux syndicats agricoles ont dénoncé jeudi l’élargissement de la directive nitrates annoncée par Ségolène Royal mercredi, qui pourrait avoir un coût social très important auprès des éleveurs, selon eux.

La Coordination Rurale, syndicat minoritaire, y voit « un nouveau coup de boutoir contre le revenu et le moral des agriculteurs qui sont déjà au plus bas ».

« Cette annonce va avoir pour effet de décourager les producteurs et de les envoyer grossir le rang des chômeurs plutôt que de les mobiliser pour apporter encore plus à l’économie productive », regrette le syndicat dans un communiqué.

Même son de cloche du côté de la fédération majoritaire, la FNSEA, qui estime dans un communiqué que « les élevages et les petites exploitations » seront « les premières victimes » de cette décision.

Et elle demande, tout comme la Coordination rurale « de rouvrir un débat communautaire de fond sur la directive nitrate et d’intégrer les bonnes pratiques et les innovations dans les programmes d’action ».

La Confédération paysanne dénonce elle « l’inertie des pouvoirs publics et du syndicat majoritaire qui, depuis la mise en œuvre de la directive européenne en 1991, n’ont pas voulu prendre le problème de la pollution par les nitrates à bras le corps ».

« Les paysans se retrouvent à devoir mettre en œuvre ces mesures et s’ils ne le peuvent pas faute de financements, à disparaitre », prévient-elle dans un communiqué.

Jeudi, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal annonçait que 3.800 communes supplémentaires seront classées zones vulnérables aux nitrates, en plus des quelque 19.000 communes qui le sont déjà.

Ce classement force les agriculteurs de ces communes à adopter un traitement plus écologique, notamment vis-à-vis des déjections animales, productrices de nitrates qui polluent l’eau.

L’an dernier, la Cour de justice européenne a condamné la France pour manquement à l’application de la directive nitrates, mais sans prononcer de sanctions financières, ce qu’elle peut encore faire cette année.

Le 4 septembre un arrêt en manquement de la Cour sur le sujet est d’ailleurs attendu, selon le ministère de l’Agriculture qui rappelle que la France est passible d’une amende de 20 millions d’euros avec astreintes mensuelles estimées à 3,5 millions.

D’où l’urgence de muscler la politique de lutte contre cette pollution.

Guy Vasseur, président des Chambres d’Agriculture, comprend qu’il faille répondre à Bruxelles mais estime que « la réaction donnée par la France n’est pas en phase avec la réalité du terrain ».

Le choix des nouvelles communes s’est plus fait « en fonction des cours d’eau que des nitrates », essentiellement dans des zones d’élevage, dans le Limousin et en Midi-Pyrénées, a-t-il regretté auprès de l’AFP.

© AFP

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