La Rochelle: des conchylicuteurs protestent contre la dégradation du milieu marin

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Vue du vieux port de la Rochelle
© AFP/Archives Xavier Leoty

La Rochelle (AFP) – Une vingtaine de bateaux et quelque 200 conchyliculteurs ont bloqué mardi pendant plusieurs heures l’accès au port de plaisance de la Rochelle pour attirer l’attention sur la dégradation croissante du milieu marin et ses conséquences sur la production, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Nous sommes 25 bateaux et quelque 200 ostréiculteurs et mytiliculteurs. On va bloquer jusqu’à 16h00 et ensuite nous distribuerons des tracts sur la dégradation du milieu marin », a déclaré par téléphone un de leurs porte-parole, Benoît Duriveaud.

Le port de plaisance des Minimes à La Rochelle est le premier de la façade atlantique, avec 4.500 emplacements. La capitainerie a indiqué à l’AFP avoir prévenu par radio les plaisanciers, plus nombreux en cette période de vacances, du blocage du port jusqu’à 16h00.

La conchyliculture occupe quelque 3.000 entreprises en France, soit près de 9.200 emplois, selon des chiffres du ministère de l’Ecologie et du développement durable remontant à 2011.

En Poitou-Charentes, elle emploie quelque 6.000 permanents et 6.000 saisonniers, selon Gerald Viaud, président du comité régional de la conchyliculture. Le secteur pâtit cependant de plus en plus de préjudices liés à la dégradation du milieu.

« On a une dégradation du milieu qui s’accélère, personne ne fait rien et on tente d’enterrer ce qui se passe », a-t-il déploré, évoquant les conséquences néfastes des rejets d’eau douce non décontaminée dans les marais ou encore des rejets des stations d’épuration.

« Tout le monde se cache les yeux en augmentant la réglementation sanitaire sur les produits, mais rien n’est fait sur les rejets d’ordre multiple », a-t-il ajouté.

Les professionnels, qui exigent aussi la réparation de leurs préjudices, déplorent notamment des taux de mortalité inhabituels et pas toujours expliqués d’huîtres, de coques, de coquilles Saint-Jacques, pétoncles ou encore des moules.

Ils évaluent ainsi leurs pertes à 50 millions d’euros suite à la mortalité de 10.000 tonnes d’huîtres à la fin de l’été 2013 et à 20 millions d’euros en raison d’une hécatombe ayant touché 12.000 tonnes de moules cette année.

Après une action de blocage sur le pont de l’Ile de Ré le 19 juillet, ils ont prévu de manifester aussi fin juillet à l’Ile d’Oléron.

© AFP

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