Les pro-ours tirent à boulets rouges sur Ségolène Royal

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La population d’ours dans la chaîne pyrénéenne, menacée de disparition dans les années 90, a depuis été sauvée par des introductions d’ours slovènes entre 1996 et 2006
© AFP/Archives Guillaume Bonnaud

Toulouse (AFP) – « Elle n’a rien compris et n’y connaît rien », « elle renie ses propres experts », « elle légitime et encourage les opposants les plus violents »: les associations favorables à l’introduction de nouveaux ours dans les Pyrénées tirent à boulets rouges lundi sur Ségolène Royal.

La ministre de l’Écologie, en visite samedi dans les Hautes-Pyrénées pour assister à un lâcher de bouquetins, a déclaré qu’elle n’allait pas donner l’autorisation à l’introduction d’un deuxième ours dans ce département car elle « considère que c’est un problème pour le pastoralisme ».

La population d’ours dans la chaîne pyrénéenne, menacée de disparition dans les années 90, a depuis été sauvée par des introductions d’ours slovènes entre 1996 et 2006.

Elle était évaluée en 2013 à 24 animaux entre la France et l’Espagne, mais deux seulement, les mâles Néré et Cannelito, se répartissaient entre Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées. L’essentiel de la population se situe plus à l’est, principalement en Ariège et en Haute-Garonne.

Partout, les éleveurs s’insurgent contre la présence de ces « prédateurs », les accusant de décimer les troupeaux de moutons.

Les pro-ours veulent au contraire que la population ursine soit renforcée pour être viable durablement. Ils s’appuient sur des rapports d’experts du Muséum d’histoire naturelle ou de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage pour réclamer l’introduction « à terme » de 15 à 20 ours sur l’ensemble de la chaîne.

Selon Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’ours-Adet, il faudrait en particulier « dix femelles et trois mâles supplémentaires sur le noyau occidental, le plus fragile », celui pour lequel Mme Royal a refusé toute introduction supplémentaire.

« Les réintroductions d’espèces ne doivent pas avoir lieu dans des zones de pastoralisme », a-t-elle indiqué samedi à l’AFP, en évoquant le cas des ours mais aussi des loups dans le Sud-est de la France.

Les associations s’insurgent contre cette « préférence pour le pastoralisme ». Sous le titre « Ségolène Royal dévisse dans les Pyrénées », Pays de l’ours-Adet qualifie dans un communiqué les déclarations de la ministre de « propos dignes d’une secrétaire d’État à la domestication de la Nature ».

« C’est une fausse bonne idée, improvisée, car à la suivre il n’y aurait plus d’ours nulle part, l’élevage étant partout dans les Pyrénées », note Alain Reynes.

L’association Ferus va encore plus loin et « demande la démission de la ministre de l’Écologie » car « elle n’a rien compris et n’y connaît rien ».

© AFP

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