Gaz de schiste: la France doit « avancer » et sortir du « statu quo »

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Manifestation à Montélimar le 19 octobre 2013 contre l’exploitation du gaz de schiste
© AFP/Archives Jeff Pachoud

Paris (AFP) – Il faut « avancer sur la question du gaz de schiste » et sortir du « statu quo » induit par l’interdiction actuelle de l’exploration du sous-sol en France, selon un rapport publié jeudi par l’Institut Montaigne.

Estimant que le gaz de schiste « est déjà une réalité qui a bouleversé les équilibres économiques internationaux », le rapport intitulé « Gaz de schiste: comment avancer », plaide notamment pour que la France lance un plan de recensement des ressources sous le contrôle d’une commission ad hoc ainsi que des sites pilotes sur la fracturation hydraulique.

Cette technique controversée consiste à injecter de l’eau à forte pression, associée à des produits chimiques, afin de briser les roches, situées à de très grandes profondeurs, dans lesquelles le gaz et le pétrole de schiste sont prisonniers et ainsi de les faire remonter en surface.

Les associations de défense de l’environnement et des experts dénoncent les risques liés à des pollutions des nappes phréatiques en cas de fuite, ou encore les émissions de gaz à effet de serre engendrées par cette production.

Le rapport, rédigé à l’issue de l’audition d’industriels, de chercheurs et d’associations, propose donc de « rendre systématique et contraignante la réalisation d’études d’impact environnemental » afin de maîtriser ces risques.

« Ignorer totalement le gaz de schiste est un luxe que la France ne peut plus se permettre », analyse Jean-Pierre Clamadieu, PDG du groupe de chimie Solvay et président du groupe de travail qui a rédigé le rapport, en partenariat avec le cabinet Business Consulting Group.

Principal argument: les conséquences négatives sur la compétitivité de l’industrie française face aux entreprises américaines qui bénéficient de l’exploitation massive des gaz de schiste dans ce pays.

Mais selon le rapport, le développement des gaz de schiste américains a entraîné également une importation massive de charbon en Europe – devenu moins cher que le gaz européen – qui « menace les progrès de réduction d’émissions » de gaz à effet de serre.

Dans la logique de développement du mix-énergétique, le gaz naturel est donc « une source d’énergie incontournable pour accompagner efficacement la transition énergétique » et ouvrir la porte aux gaz non conventionnels en France ce qui permettrait de « créer des marges de manœuvre nécessaires pour investir ailleurs et accélérer ainsi le redressement économique et la transition énergétique de notre pays », plaide le rapport de l’Institut Montaigne.

© AFP

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