Dérèglement climatique: Fabius en appelle aux investisseurs internationaux

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Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius (g) et son homologue norvégien Borge Brende à Ny-Alesund, sur l'île de Spitsbergen en Norvège le 3 juillet 2014 © Ministère français des Affaires étrangères/AFP/Archives Frédéric de la Mure

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius (g) et son homologue norvégien Borge Brende à Ny-Alesund, sur l’île de Spitsbergen en Norvège le 3 juillet 2014
© Ministère français des Affaires étrangères/AFP/Archives Frédéric de la Mure

Aix-en-Provence (AFP) – Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a lancé dimanche un cri d’alarme sur le risque de dérèglement irréversible du climat, appelant les investisseurs internationaux à financer les énergies vertes.

« Au-delà de 2 degrés (de réchauffement, NDLR) ce sera le chaos climatique et personne: aucun particulier, aucune entreprise, aucune nation, aucune commune ne sera épargnée », a déclaré M. Fabius à l’occasion des rencontres économiques d’Aix-en-Provence, qui ont réuni sur trois jours quelque 3.000 personnes et 230 conférenciers de 35 pays.

« Depuis le début de la révolution industrielle, les énergies fossiles ont été le principal moteur de la croissance ou en tout cas son accompagnateur et ce modèle arrive à épuisement non pas, comme on le dit parfois, à la fin de ce siècle. Mais, assez rapidement, il détruira plus de richesses qu’il n’en crée », a dit le ministre, ajoutant qu’il n’était plus question de « réchauffement », de « changement » mais de « dérèglement climatique ».

« J’ai voulu profiter du fait que beaucoup de responsables sont réunis ici pour lancer une sorte d’appel (…) aux investisseurs privés et institutionnels – je pense aux fonds souverains, fonds de pension, sociétés financières – à investir là où à long terme se trouve leur intérêt réel, parce que je pense que c’est de là que viendra l’essentiel des moyens nécessaires », a déclaré M. Fabius.

Il a proposé de fixer un objectif de 10% des portefeuilles traditionnels consacrés à l’économie verte en 2020 contre 1%  actuellement.

« Des investissements massifs et pertinents » sont nécessaires, a déclaré M. Fabius, plaidant pour la « réorientation » dans les décennies qui viennent « d’un peu plus de 1.000 milliards d’euros qui sont « actuellement investis à hauteur de 80% vers les énergies fossiles contre 20% pour les renouvelables et de faire basculer cela progressivement ».

Il s’est également adressé aux pouvoirs publics, « dont le gouvernement français », qui doivent « mettre en place un cadre clair et stable dans le temps » pour « sécuriser la rentabilité » de tels investissements et doivent aussi « stopper les subventions aux énergies fossiles ».

Et aux entreprises: « l’empreinte carbone des entreprises doit être publiée, évaluée et devenir un critère d’appréciation ». « Notamment, et j’espère ne pas ébranler les colonnes du temple, par les agences de notation », a-t-il lancé.

La France accueillera la 21e conférence climat en 2015.

© AFP

 

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