Vert, orange ou rouge, les couleurs de la « pollution sonore »

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62c62eeaf4b50eeb139bd073a12178cbaf6eb599Paris (AFP) – Vert quand le bruit reste acceptable, orange quand il est gênant mais encore soutenable, et rouge quand le passage d’un avion ou le trafic routier devient une réelle source de stress et perturbe le sommeil… Des acousticiens présentent ce jeudi un nouvel indicateur pour mieux évaluer la pollution sonore.

Les annonces immobilières afficheront-elles un jour, à côté du diagnostic énergétique, un macaron précisant si un appartement est bruyant ou non ?

Nous n’y sommes pas encore mais un nouvel indicateur, testé en région parisienne et à Lyon, constitue « un premier pas » vers une meilleure évaluation de la pollution sonore, estime Bruitparif, agence de surveillance du bruit en Ile-de-France, initiatrice du projet avec son homologue lyonnaise Acoucité.

Oubliés les décibels, unité de mesure jugée difficile à manipuler pour évaluer la gêne autour des aéroports ou l’efficacité d’un mur anti-bruit. Le nouvel outil, inspiré des indices de qualité de l’air, doit offrir une photographie plus fine, heure par heure, de la « pollution sonore » extérieure.

Dans un sondage réalisé en 2010 dans 75 villes européennes par la Commission européenne, plus de la moitié des répondants estimaient que le bruit leur posait un « grave problème ».

Cette gêne est toutefois difficile à mesurer avec les outils actuels, qui expriment mal le ressenti des habitants et la diversité des situations, explique à l’AFP Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif.

Aujourd’hui, dans le cadre de la réglementation française, bruit de fond et pics sonores sont confondus dans une moyenne globale. Ainsi, l’exposition apparaît identique pour le riverain d’un grand axe routier ou celui d’un aéroport. Or, dans la réalité, l’un est exposé à un bruit de fond important mais assez stable et l’autre à un bruit de fond plus faible mais subit des pics beaucoup plus forts au passage des avions.

D’où la nécessité, selon Bruitparif, d’un « indice bruit » plus « accessible » pour le public et plus proche de la réalité pour permettre la mise en place d’actions préventives plus adaptées.

Le nouveau logo – une flèche vers le haut – apporte trois informations d’un coup sur un lieu donné : le niveau du bruit de fond (symbolisé par un rectangle plus ou moins grand à la base), l’importance des pics (avec une pointe plus ou moins élancée) et l’impact sanitaire (résumé par une couleur – vert/orange/rouge).

Franciliens et Lyonnais peuvent désormais mettre une couleur sur le bruit dans leur ville en consultant sur le site www.noiseineu.eu les relevés mesurés dans une soixantaine de lieux (49 en Ile-de-France). D’autres villes, comme Bruxelles, Barcelone ou Rotterdam, devraient rejoindre le projet.

Ainsi, à Gonesse (Val-d’Oise), près de l’aéroport Charles-de-Gaulle, les riverains sont baignés dans le « jaune » (indice 7 sur une échelle allant de 0 à 10) quand ceux de la nationale 2, à Pantin (Seine-Saint-Denis), vivent dans une ambiance sonore « rouge » (8 sur 10).

L’orange signale un bruit gênant, qui peut commencer à perturber le sommeil. Le rouge signale le dépassement des « seuils critiques ». Quant au vert, il signale un bruit acceptable, respectant « les objectifs de qualité » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Plus qu’une simple gêne, le bruit a aussi un impact sur la santé, rappellent les experts : troubles du sommeil pouvant entraîner des accidents, problèmes de concentration, retards d’apprentissage pour les enfants, mais aussi risques cardiovasculaires liés au stress.

Au-delà de l’indice, le projet, baptisé Harmonica, recense aussi des actions menées dans des villes et évalue leur impact : un changement de revêtement sur une autoroute francilienne ou un « micro-écran végétalisé » sur le quai de la Saône, à Lyon, se révèlent ainsi plus efficaces que la baisse de 10 km/h sur le périphérique.

« Cela va nous permettre d’identifier plus facilement les responsables des pics de bruit et imaginer une implantation plus fine de nos dispositifs anti-bruit », estime Corinne Rufet, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France en charge de l’environnement, principal soutien de Bruitparif.

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