Greenpeace bloque l’arrivée à La Rochelle d’un cargo de bois « illégal »

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Des activistes de Greenpeace bloquent le cargo "Safmarine Sahara", accusé de transporter du bois illégal, dans le port de La Rochelle le 22 juin 2014 © AFP Xavier Leoty

Des activistes de Greenpeace bloquent le cargo « Safmarine Sahara », accusé de transporter du bois illégal, dans le port de La Rochelle le 22 juin 2014
© AFP Xavier Leoty

La Rochelle (AFP) – Des militants de Greenpeace ont perturbé dimanche soir l’arrivée au port de La Rochelle d’un cargo transportant du bois importé du Congo, dernière en date d’une série d’action ces dernières semaines visant l’importation de bois illégal, a-t-on appris de sources concordantes.

Dix militants de Greenpeace, sur trois zodiacs, se sont interposés, deux d’entre eux se jetant à l’eau, au moment où le « Safmarine Sahara », battant pavillon britannique, en provenance de République Démocratique du Congo, arrivait dans le bassin du port de commerce rochelais de La Pallice, a indiqué l’organisation écologiste.

La capitainerie du port a confirmé à l’AFP l’intervention de Greenpeace, depuis 21H30 environ, et indiqué que le cargo avait rebroussé chemin vers 23H45 et décidé de mouiller au large.

Peu auparavant, les militants de Greenpeace avaient approché le cargo dans l’avant-port, à 5 milles (environ 9 km) du port, et peint « Bois illégal » en grande lettres blanches sur ses flancs.

Selon Greenpeace, une partie des 3.000 m3 de bois (bossé, sipo, sapelli, notamment) transporté par le Safmarine Sahara est du bois illégal.

« Des milliers de mètres cubes de bois illégal sont entrés en France l’année dernière au nez et à la barbe des autorités », a indiqué dans un communiqué Frédéric Amiel, chargé de campagne Forêts à Greenpeace, dénonçant le « laxisme » de la France. « Nous refusons cet état de fait et nous sommes ici pour empêcher ce bois d’être débarqué sans contrôle ».

Fin mai dans ce même port, des militants de Greenpeace étaient déjà intervenus pour symboliquement « mettre sous scellés » du bois importé du Brésil et du Congo, pour dénoncer « l’inaction » de la France contre l’importation de bois illégal. Début juin, ils avaient récidivé dans le show-room parisien d’un importateur de bois, mettant « sous scellés » des lames de parquet.

Greenpeace dénonce avec insistance ces dernières semaines des failles du projet de loi d’Avenir sur l’Agriculture, qui doit être discuté en seconde lecture à l’Assemblée nationale dans les prochains jours, et vise notamment à mettre en œuvre un règlement européen de 2013 contre l’importation illégale de bois, notamment d’essences protégées.

Pour l’organisation, ce projet de loi risque de rendre la réglementation européenne inopérante, car la France souhaite y ajouter « la condition selon laquelle il revient aux pays de récolte du bois (…) de signaler aux pays importateurs l’arrivée de bois illégal ». Nuance cruciale, selon Greenpeace, s’agissant de « pays où la gouvernance est défaillante, la corruption endémique et la réglementation forestière souvent violée en toute impunité ».

Selon le ministère de l’Agriculture, 5 à 15% du bois importé dans l’Union européenne serait illégal selon le ministère de l’Agriculture, 15 à 30% selon Greenpeace.

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