Climat: petit pas franchi à Bonn sur la longue route jusqu’à Paris 2015

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Des représentants de 195 pays à la convention de l’ONU sur le climat, le 6 juin 2014
© DPA/AFP/Archives Matthias Balk

Bonn (Allemagne) (AFP) – Un petit pas a été franchi à Bonn, où des pourparlers ont pris fin dimanche, dans les négociations climatiques en vue d’un accord global à Paris fin 2015 suffisamment ambitieux pour limiter le réchauffement de la planète.

« Tout le monde veut un accord mais y parvenir reste difficile », a confié un négociateur européen. « Il y a un élan, l’ambiance a été constructive mais le processus est fragile, car il y a des pays qui craignent que leurs intérêts ne soient pas pris en compte », a-t-il ajouté, malgré la méthode par consensus utilisée dans la diplomatie du climat.

A Bonn, pendant dix jours, des délégations de 195 pays membres de la Convention de l’ONU sur le climat ont débattu du contenu d’un futur accord qui doit être scellé à Paris fin 2015 pour une entrée en vigueur en 2020. L’objectif est de limiter à 2°C le réchauffement de la planète, ce qui suppose de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Les émissions actuelles mettent la Terre sur une trajectoire de quatre à cinq degrés de plus à la fin du siècle par rapport à l’ère pré-industrielle, ce qui aurait des conséquences dramatiques (multiplication des événements extrêmes, baisse des rendements agricoles, extinctions des espèces, hausse des océans, etc.).

Le prochain rendez-vous pour avancer vers une action collective à la hauteur du défi sera le sommet des chefs d’Etat organisé à New-York en septembre par le secrétaire général de l’ONU, spécialement sur le climat. Suivront une nouvelle session technique à Bonn (20-25 octobre), puis la conférence annuelle de l’ONU sur le climat, à Lima début décembre.

« La dynamique de travail a été plus positive que par le passé », a commenté dimanche Tasneem Essop du WWF, au nom des ONG du Climate action network.

Malgré des travaux studieux et l’absence de couacs, nombre de participants ont relevé la difficulté à entrer dans de réelles négociations sur des sujets clés, à savoir les éléments du futur accord (limité aux émissions ou incluant des mécanismes de financement et de transfert de technologie), la forme des propositions de réductions d’émissions (baisse en valeur absolue par rapport à 1990, baisse par habitant, par unité de PIB, par secteur économique, etc.) que chaque pays doit présenter avant mars 2015 et leur processus d’évaluation.

Selon Alden Meyer de l’Union of concerned scientists, observateur des pourparlers, « il y a des désaccords importants qui persistent sur le contenu et la portée de l’accord ».

« Les pays en développement veulent que les financements en fassent partie », a confirmé à l’AFP Seyni Nafo, négociateur pour les pays africains.

« Beaucoup d’entre nous sont inquiets, les pays sont divisés sur le contenu des contributions nationales (de réductions d’émissions), mais nous ne pouvons pas aller à Lima sans avoir arrêté ce qu’elles seront », a confié à l’AFP Ronald Jumeau, porte-parole des Etats insulaires.

Autres sujets d’inquiétude, les efforts de réduction des émissions par les gros pollueurs avant 2020 et le financement des actions de baisse des émissions et d’adaptation.

« Nous sommes très déçus car les ambitions de réduction d’ici à 2020 n’ont pas été revues à la hausse, c’est une promesse non tenue », a fait valoir Meena Raman de Third world network, basé en Malaisie. « Agir davantage avant 2020 est nécessaire pour respecter les 2°C, ne pas le faire porte atteinte à la crédibilité des négociations », explique Célia Gautier, du Réseau action climat (ONG françaises).

Du côté des financements, les prochains mois seront un test, le Fonds vert, destiné à financer les réductions d’émissions et les adaptations au changement climatique, étant depuis peu opérationnel.

« La capitalisation du Fonds vert est une question cruciale pour Lima et Paris », prévient Seyni Nafo. « Un niveau ambitieux créerait un environnement propice à un accord et inversement », poursuit-il, en précisant que 15 milliards est la somme attendue par les pays en développement, dont « la moitié sur la table pour Lima ».

© AFP

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