Pesticides: Bayer CropScience investit massivement dans le biocontrôle

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Entrée de l’usine Bayer Cropscience France à Cormery
© AFP/Archives Alain Jocard

Houville-la-Branche (France) (AFP) – Le fabricant de pesticides Bayer CropScience continue d’investir massivement dans le biocontrôle, les alternatives bio aux pesticides, un marché promis à une forte croissance dans les prochaines années, a expliqué mercredi la direction de la branche française du groupe.

« Dans les 3 à 5 ans à venir, nous allons investir beaucoup plus dans le biocontrôle que le chiffre d’affaires que nous réalisons en France », soit 500 millions d’euros par an, a déclaré Frank Garnier, directeur général de Bayer CropScience en France, division agrochimie du groupe allemand, qui fabrique engrais, pesticides et semences.

Pour réduire l’utilisation de produits chimiques, les agriculteurs utilisent de plus en plus des méthodes dites de bio-contrôle, c’est-à-dire le recours à des insectes pour dévorer d’autres ravageurs (coccinelles pour pucerons par exemple) ou à des micro-organismes (bactéries, champignons…) capables de protéger les cultures ou même d’améliorer leur productivité et leur fertilité.

Sur les deux dernières années, Bayer CropScience (BCS) a déjà investi « largement » plus de 500 millions d’euros dans le biocontrôle au niveau mondial, a expliqué M. Garnier, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse dans une exploitation agricole à Houville-la-Branche (Eure-et-Loir), près de Chartres, soulignant qu’il s’agit d’investissements de « long terme ».

Une grande partie de cette somme a été consacrée au rachat de l’entreprise américaine Agraquest, spécialisée dans la sélection et la production de bactéries. BCS a aussi racheté la société allemande Prophyta (agents fongiques) et l’argentine Bioagro (micro-organismes stimulateurs de la croissance des plantes).

M. Garnier n’a pas exclu l’éventualité d’autres acquisitions « si elles nous permettent d’aller plus vite » dans le développement de ce secteur.

« L’objectif est que le biocontrôle atteigne 5 à 8% de notre activité d’ici à 2020 », a expliqué Marie-Claire Grosjean-Cournoyer, directrice des affaires scientifiques.

Bayer cherche notamment à mettre au point des solutions de biocontrôle pour les grandes cultures céréalières. Les méthodes de biocontrôle concernent essentiellement pour l’instant l’arboriculture et les fruits et légumes.

« Nous recherchons une complémentarité entre le conventionnel et le biocontrôle. L’objectif est de combiner la chimie de synthèse et les produits naturels », a précisé M. Garnier.

Selon Bayer, le marché du biocontrôle représente environ 50 millions d’euros en France, dont seulement 1 million revient à BCS pour l’instant.

Au niveau mondial, le biocontrôle représente un marché de 2 milliards d’euros, en croissance de 10% par an et qui pourrait atteindre les 6 milliards en 2020, estime BCS.

Le groupe investit plus de 10% de son chiffre d’affaires en R&D, et la proportion est encore plus grande pour la branche France (70-80M EUR par an).

« L’innovation est essentielle pour Bayer mais il nous semble qu’en Europe et en France, elle est bloquée par un contexte politico-réglementaire extrêmement contraignant », a souligné M. Garnier, parlant d’une « surréaction » en France sur la réglementation liée aux produits phytosanitaires.

La France « prend des initiatives qui vont au-delà de la réglementation européenne » dans ce domaine, a regretté Benoît Rabilloud, directeur général adjoint.

« Nous demandons que le cadre réglementaire soit basé sur la science et pas sur la peur et des traductions politiques d’inquiétudes sociétales », a ajouté M. Garnier. Selon lui, les phytosanitaires « sont les plus encadrés de l’ensemble des produits chimiques ».

Bayer CropScience a réalisé près de 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013. La France est son 3e marché le plus important après les Etats-Unis et le Brésil.

© AFP

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