Réunion mondiale à Bonn contre le réchauffement

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Un nuage de fumée s’échappe d’une cheminée, à Seclin, dans le nord de la France, le 2 février 2012
© AFP/Archives Philippe Huguen

Bonn (AFP) – Quels nouveaux engagements peut prendre chaque pays pour contenir le réchauffement de la planète? Les représentants de 195 pays se retrouvent sous l’égide de l’ONU, à partir de ce mercredi à Bonn, pour éclaircir cette question, au coeur du futur accord mondial sur le climat attendu fin 2015 à Paris.

Barack Obama a donné le ton en annonçant, lundi, de nouvelles normes sur les émissions des centrales électriques, qui génèrent environ un tiers de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis. Son ambition: réduire leurs émissions de CO2 de 30% d’ici 2030 par rapport à 2005.

L’Union européenne, pour sa part, a insisté mercredi, en ouverture d’une session de négociations organisée jusqu’au 15 juin, sur l’importance d’être ambitieux également avant 2020. L’Union estime qu’elle va faire mieux que son objectif pour 2020, jugeant atteignable une baisse de 24% de ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 au lieu des 20% auxquels elle s’est engagée.

Ces annonces semblent pouvoir redonner des couleurs à un processus complexe, qui doit déboucher sur un nouveau pacte mondial, fin 2015 à Paris. L’objectif est de remettre la planète sur un réchauffement maximal de 2°C quand les émissions actuelles nous emmènent plutôt vers +4°C.

« La science donne le tempo, et elle nous dit de façon très urgente que nous devons accélérer ces efforts », a rappelé fin mai à l’AFP la responsable de l’ONU pour le climat, Christiana Figueres, de passage à Paris.

L’humanité a franchi au printemps un nouveau seuil symbolique, avec pour la première fois une concentration mensuelle, en avril, supérieure à 400 parties par millions (ppm) de CO2 dans l’hémisphère Nord.

Dans les deuxième et troisième volets de leur nouvel état des lieux de la planète, les experts du climat du Giec ont confirmé les risques d’insécurité alimentaire voire de conflit au XXIe siècle liés au réchauffement.

Après l’échec marquant de Copenhague en 2009, les 195 pays négociant sous l’égide de l’ONU veulent cette fois réussir le rendez-vous de 2015, où doit être conclu un accord contraignant de limitation des émissions de gaz à effet de serre applicable pour tous les pays à partir de 2020.

Les 18 mois jusqu’à la conférence de Paris doivent permettre d’aplanir les différends encore nombreux sur la nature et le degré de contrainte des objectifs de réduction que prendront les pays.

A Bonn, les discussions, principalement techniques mercredi, doivent entrer dans le vif du sujet jeudi et vendredi avec la présence annoncée d’une quarantaine de ministres. Au menu: les contours du futur accord post-2020 mais aussi les moyens de faire plus contre le réchauffement d’ici 2020.

« Bien que nous regardions déjà tous au-delà de la décennie actuelle, il est également essentiel d’intensifier l’action avant 2020 », a souligné Connie Hedegaard, commissaire européenne en charge du climat.

« A la lumière des impacts climatiques se déroulant sous nos yeux, il est évident qu’une action immédiate est capitale pour les Etats insulaires », a renchéri Marlene Moses, présidente de l’Aosis, une alliance de 44 Etats insulaires et côtiers, aux premières loges des impacts du réchauffement.

Aucune décision formelle n’est attendue à Bonn, les discussions devant se poursuivre à l’automne, en septembre lors d’un sommet convoqué à New York par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon puis en novembre au Pérou lors de la conférence annuelle de l’ONU sur le climat.

Pour autant, « plus on se rapproche de Paris, plus chaque session est importante et peut faire monter l’inquiétude s’il ne se passe rien », souligne-t-on de source diplomatique française.

Avec ces questions débattues à Bonn: les « contributions » des pays contre le réchauffement doivent-elles être de simples objectifs globaux? Des objectifs par secteurs économiques? Faut-il des engagements financiers de la part des pays industrialisés? Autant de sujets « explosifs », souligne un négociateur.

© AFP

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