Australie: Deutsche Bank renonce à investir dans un port, les écologistes satisfaits

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Un requin léopard nage à côté de plongeurs de Greenpeace brandissant une banderolle appelant l’Unesco à sauver la grande barrière de corail, le 5 mars 2012 à l’Aquarium de Sydney
© AFP/Archives Greg Wood

Sydney (AFP) – Les défenseurs de l’environnement australiens se sont félicités de la décision de la Deutsche Bank de renoncer à investir dans un port minier situé près de la grande barrière de corail.

Le gouvernement fédéral australien a donné son feu vert en août 2013 à ce projet d’extension d’un terminal pour le charbon en l’assortissant de conditions drastiques de protection de l’environnement. Mais il s’attire les foudres des organisations de protection de la nature.

Il doit être réalisé par les groupes indiens Adani et GVK à Abbot Point (nord-est), près de la grande barrière de corail.

Lors de son assemblée générale vendredi, la Deutsche Bank a indiqué que sa politique concernant les investissements près de sites mondiaux classés lui interdisait tout investissement dans ce projet.

« Deutsche Bank n’appuie pas des projets lorsque le gouvernement et l’Unesco ne sont pas d’accord sur le point de savoir si ceux-ci menacent ou non l’importance exceptionnelle d’un site », a indiqué la banque allemande dans un communiqué.

« Nous constatons qu’il n’y a pas actuellement de consensus entre l’Unesco et le gouvernement australien sur l’agrandissement d’Abbot Point près de la grande barrière de corail. Notre politique requiert au minimum un consensus et en conséquence nous n’étudierons pas les demandes de financement » pour ce projet, a souligné la banque.

L’Unesco a fait part de ses préoccupations concernant ce projet qui envisage un développement des opérations portuaires et minières et doit en discuter en juin.

La Société de conservation maritime australienne, qui fait campagne contre l’agrandissement du port, s’est félicité de la décision de Deutsche Bank. Selon elle, elle démontre les préoccupations internationales devant les projets « d’industrialisation côtière près de la grande barrière de corail ».

« Les milieux financiers abandonnent le projet d’Abbot Point comme des mouches montrant une volonté grandissante de ne pas être associés aux énormes risques financiers et à ceux menaçant leur réputation, a estimé Felicity Wishart, porte-parole de la Fondation.

« Voudriez-vous voir votre nom associé à la destruction de l’une des plus grandes merveilles du monde, la grande barrière de corail ? », a-t-elle ajouté.

Le projet approuvé prévoit le dragage de millions de tonnes de sable à proximité de la grande barrière dans des conditions strictement définies.

Le ministre australien de l’Environnement Greg Hunt a affirmé que la protection de la grande barrière était la première priorité.

Le développement du port d’Abbot Point est considéré comme essentiel pour les mines de charbon du bassin de Galilée dans l’Etat du Queensland et l’exportation du minerai vers l’Asie.

Selon Greenpeace, la production de la mine, qui devrait atteindre près de 30 millions de tonnes de charbon thermique par an à partir de 2015, se classera parmi les dix plus grands émetteurs mondiaux de dioxyde de carbone lorsqu’elle atteindra sa capacité maximale.

D’autres banques associées au projet sont visées par des manifestations de groupes environnementalistes. Une antenne de la Société Générale à Bayonne (sud-ouest de la France) avait été ainsi occupée à la mi-mai.

© AFP

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