La baie de Rio sera t-elle prête à accueillir les participants aux jeux olympiques 2016 ?

Publié le : Last updated:

 

Rio de Janeiro, Brésil: La célèbre plage d'Ipanema dans la baie de Rio de Janeiro photographiée lors d'une gréve des ramasseurs de poubelles en mars 2014 à quelques mois seulement du début de la coupe du monde de football. © AFP PHOTO / YASUYOSHI CHIBA

Rio de Janeiro, Brésil: La célèbre plage d’Ipanema dans la baie de Rio de Janeiro photographiée lors d’une gréve des ramasseurs de poubelles en mars 2014 à quelques mois seulement du début de la coupe du monde de football. © AFP PHOTO / YASUYOSHI CHIBA

 

La baie de Rio est l’une des baies les plus polluées au monde. Chaque seconde qui passe, ce sont 20 000 litres d’eau usées qui s’y déversent dont 1/3 seulement sont traités. Dans ces conditions, nombreux sont ceux qui se demandent si la baie sera prête à accueillir les participants aux épreuves de voile des jeux olympiques de 2016. Pour les experts, et surtout pour les sportifs, la réponse est sans appel : « non ».

Alors que le Brésil s’apprête à accueillir dans quelques semaines la coupe du monde de football, les têtes se tournent déjà vers les jeux olympiques de 2016 et les épreuves sportives qui auront lieu dans la baie de Rio. Selon le New York Times, cette dernière est désormais au cœur des débats car de nombreux athlètes qui s’y sont déjà entraînés ont émis de sérieuses réserves quant à la qualité de ses eaux. Selon Thomas Low-Beer, un athlète brésilien qui devrait concourir pour son pays en 2016, la baie peut « vraiment être dégoûtante, avec des carcasses de chiens et l’eau qui tourne marron à cause de la contamination des égouts ». Lars Grael, ancien médaillé olympique assure même « y avoir aperçu au moins 4 corps humains au cours de sa carrière ».

Selon les experts, cela n’a rien d’étonnant au vue de la quantité d’eau sale qui s’y déverse chaque jour. En 1992 déjà, lors du Sommet de la Terre, la baie était pointée du doigt. Depuis, le Brésil a obtenu plus d’un milliard de dollars de prêt de la part du gouvernement japonnais et de la banque interaméricaine de développement pour nettoyer la baie. Mais cela n’a pas suffit et ce n’est pas l’équipe de voile allemande qui dira le contraire : « Bienvenue dans la décharge qu’est Rio », a t-elle posté en ligne ces derniers jours.

A moins de 2 ans des jeux olympiques, Rio ne fait pas le poids et pour Ricci Bitti , président de l’association des fédérations internationales olympiques des sports d’été, « en terme de délais, on est pire que pour les jeux olympiques d’Athènes ». Car le nettoyage de la baie n’est pas le seul chantier qui doit être mené. La construction du stade de cyclisme n’a pas encore débuté et devrait coûter 10 fois plus que prévu. Il en est de même pour le stade d’athlétisme.

Dans ces conditions, faut-il retirer à la ville son statut d’hôte des jeux olympiques de 2016 ? « Pas question » rétorque le comité olympique. Le gouvernement brésilien a promis de traiter 80 % des eaux usées qui se déversent dans la baie d’ici 2016… Et Eduardo Paes, le maire de Rio, affirme être « quasiment » certain de pouvoir livrer les projets, dont l’assainissement de la baie à temps, note le New York Times.

Pour l’heure, 3 bateaux-poubelles œuvrent dans la baie pour ramasser les ordures. Vingt à trente sont prévus pendant la période des jeux. Des barrières écologiques seront disposées de manière à récolter les ordures plus facilement. Une solution suffisante ? Absolument pas, selon Mario Moscatellie, biologiste, « la baie est une latrine. C’est insulter la population de Rio que d’affirmer que la baie sera propre pour les Jeux Olympiques ».

Rappelons qu’en 2008, lors des Jeux Olympiques de Pékin en Chine, le gouvernement avait déployé plus de 1 000 bateaux-poubelles pour faire face à une prolifération temporaire d’algues qui menaçait les épreuves de voile.

 

Media Query: