Les Amis de la Terre interpellent Total sur le gaz de schiste en Argentine

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Le logo de Total
© AFP/Archives Eric Piermont

Paris (AFP) – Les Amis de la Terre ont dénoncé mardi les impacts environnementaux et sociaux liés à la recherche de gaz de schiste en Argentine, « nouvel eldorado des multinationales pétrolières », en interpellant notamment le groupe français Total.

L’ONG, accompagnée de deux représentants argentins, entend notamment « demander des comptes » à Total lors de son assemblée générale des actionnaires, vendredi à Paris.

« Aucune limite ne semble être valable pour ses ambitions puisque la compagnie a même commencé à forer dans une aire naturelle protégée », dénonce l’ONG, qui présente un rapport sur « la ruée vers les gaz et huiles de schiste en Patagonie argentine » et un film.

Interrogé par l’AFP, le géant pétrolier a souligné que « comme sur tous les permis que Total opère, une étude d’impact environnemental et sociétal a été menée sur le bloc de Pampa Las Yeguas II », cité parmi d’autres par les Amis de la Terre.

« Après avoir validé cette étude, le ministère de l’Environnement et du Développement durable argentin a donné son accord pour le forage d’un puits d’exploration en novembre 2012. Le puits a été testé puis le site remis en état », a précisé une porte-parole.

D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Argentine abriterait l’un des plus grands potentiels mondiaux pour le gaz et le pétrole de schiste.

La compagnie nationale YPF a déjà foré des dizaines de puits de pétrole de schiste sur le plateau de Vaca Muerta, région la plus prometteuse, et de nombreuses compagnies étrangères se sont mises sur les rangs: l’allemand Wintershall (filiale de BASF), l’américain Chevron et le sino-argentin Bridas ont déjà annoncé pour plus de 5 milliards de dollars d’investissements dans cette région.

Total, acteur de poids en Argentine où il est présent depuis 1978 et opère aujourd’hui 30% de la production gazière, détient de son côté 11 permis d’hydrocabures, selon les Amis de la Terre.

« Les compagnies pétrolières avancent à grande vitesse, sans que les populations locales n’aient jamais été consultées ni même informées », souligne Diego di Risio, de l’Observatorio Petrolero Sur, l’un des représentants argentins présents cette semaine à Paris, cité dans un communiqué.

« Les entreprises agissent en toute impunité car il y a une absence totale de contrôle de la part des gouvernements national et provincial qui, au contraire, ont déroulé le tapis rouge », ajoute-t-il, citant l’allongement de la durée des concessions ou des exemptions d’impôts.

Ce qu’a contesté Total, qui assure mener « un dialogue fréquent avec les populations, riveraines des installations, qui sont consultées lors des études de base » et dont les « attentes sont prises en compte ».

© AFP

 

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