OGM: des producteurs de maïs décidés à planter du MON810 cette année

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planter du MON810

Une panouille de maïs
© AFP/Archives Philippe Huguen

Paris (AFP) – Des producteurs de maïs du sud-ouest de la France pourraient planter du maïs transgénique MON810 cette année, puisque le moratoire qui l’interdisait a été suspendu, a-t-on appris lundi auprès de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM).

« Il y a des producteurs qui manifestent encore leur intérêt pour le MON810, principalement en Midi-Pyrénées ou en Aquitaine. Car le MON810 résiste à plusieurs insectes dont la pyrale qui touche particulièrement 400.000 à 450.000 hectares dans ces régions », a expliqué à l’AFP Luc Esprit, directeur général de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), branche spécialisée de la FNSEA, principal syndicat agricole du pays.

Le Conseil d’État a annulé l’été dernier le moratoire sur la culture du MON810 de l’américain Monsanto dans l’Hexagone pour non-conformité au droit européen. Le gouvernement ne pouvait donc pas prononcer à nouveau un moratoire, qui aurait été caduc juridiquement.

Le sénateur socialiste de l’Aveyron Alain Fauconnier, soutenu par le gouvernement, a donc déposé le 4 février une proposition de loi visant à interdire la culture de tous les maïs transgéniques dans l’Hexagone. Son examen a commencé lundi au Sénat, mais son adoption par le Parlement ne devrait pas se faire avant le 10 avril, c’est-à-dire juste après la pause parlementaire liée aux élections municipales.

Or les semis de maïs vont commencer le 15 mars, affirme Luc Esprit. Et après une année de retard végétatif lié au froid du printemps dernier, il y a fort à parier que les producteurs vont anticiper cette année et semer tôt, selon lui.

Donc, il est possible que des producteurs sèment du MON810 avant que ne soit prononcée une nouvelle interdiction. « La question va se poser », assure le représentant des producteurs. Et si Monsanto refuse de fournir des semences MON810 aux producteurs, ils sauront aller les chercher, notamment en Espagne où il est cultivé, laisse entendre Luc Esprit.

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Agriculture affirme néanmoins qu’un arrêté ministériel d’interdiction va être prononcé par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, en lien avec son homologue de l’Écologie Philippe Martin avant le début des semis, afin d’anticiper le calendrier parlementaire.

Ce texte a été publié lundi sur le site du ministère de l’Agriculture. Il doit maintenant être soumis à avis du public jusqu’au 9 mars, comme c’est le cas pour tous les arrêtés relatifs à des questions environnementales. Il devrait ensuite être publié au Journal Officiel, soit juste avant le 15 mars.

Cet arrêté, une fois entré en vigueur, pourra néanmoins encore être contesté devant le Conseil d’État.

© AFP

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