Moruroa: un effondrement « extrêmement peu probable », sans pouvoir être « totalement exclu », selon l’armée

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 Moruroa

Vue partielle de l’ancienne zone de vie de l’atoll de Mururoa prise le 06 juin 2000 en Polynésie française quatre ans après l’arrêt définitif des essais nucléaires français
© AFP/Archives Eric Feferberg

Papeete (France) (AFP) – Un effondrement majeur sur l’atoll de Moruroa, où ont eu lieu 138 essais nucléaires français, est « extrêmement peu probable » mais ne peut cependant « pas être totalement exclu », a affirmé à l’AFP le contre-amiral Anne Cullere, commandant supérieur des forces armées en Polynésie française.

Si un tel phénomène – appelé techniquement « glissement d’une loupe de carbonates » – avait lieu, il provoquerait sur l’atoll une vague qui pourrait s’élever jusqu’à 20 mètres.

Cette vague pourrait encore atteindre 3 mètres en arrivant à la barrière corallienne de l’atoll habité le plus proche, Tureia, à 100 km au nord.

Toutefois, l’armée assure que la surveillance géomécanique de Moruroa permet d’anticiper ce phénomène de « plusieurs semaines », selon l’armée, qui a emmené la presse sur l’atoll.

La dispersion de déchets nucléaires dans le Pacifique est jugée « très improbable » et même si elle advenait, les risques pour la santé humaine sont jugés « insignifiants ».

« Les scenarii les plus pessimistes ont imaginé qu’une cavité de tir complète, plus une deuxième, partiraient dans l’océan », a déclaré à l’AFP le contre-amiral Cullere.

« Les études montrent qu’il n’y a aucune conséquence sur la santé humaine, c’est-à-dire que la dose qui serait éventuellement ingurgitée n’est pas supérieure à la radioactivité ambiante », a-t-elle assuré.

Les essais nucléaires du Pacifique se sont achevés en 1996. Trente-cinq militaires vivent sur l’atoll en permanence pour l’entretien et dissuader toute intrusion. Le système Telsite, installé en 1997, permet de surveiller les mouvements des sols.

Ce dispositif comprend des capteurs en surface et souterrains ainsi que des sismomètres et des balises GPS. Leurs données sont transmises en continu par satellite en métropole, au Commissariat à l’énergie atomique.

Selon l’armée, le dispositif « montre des signes de vieillissement » et sera donc modernisé. Le chantier, qui débutera à la fin de l’année, doit s’achever en 2017.

Son coût global n’a pas encore été évalué, mais l’armée estime qu’il pourrait dépasser les 50 millions d’euros.

La plupart des travaux seront confiés à des entreprises polynésiennes. Les premiers mois du chantier seront consacrés à la construction d’une base de vie, car l’atoll n’est habité que par des militaires. Jusqu’à 180 ouvriers, pour la plupart polynésiens, sont attendus sur place.

© AFP

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