Les objectifs du Grenelle seront difficiles à atteindre en Ile-de-France

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FRANCE, Rambouillet : A deer roams in the Rambouillet forest reserve, on July 31, 2013, some 50 kms outside of Paris. AFP PHOTO / JOEL SAGET

FRANCE, Rambouillet : A deer roams in the Rambouillet forest reserve, on July 31, 2013, some 50 kms outside of Paris. AFP PHOTO / JOEL SAGET

 

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, le gouvernement prévoyait de placer 2 % du territoire sous protection forte d’ici 2019.  En Ile-de-France, selon l’agence régionale de la biodiversité, qui vient de publier ce mardi le diagnostic le plus exhaustif de l’état de santé de la nature de la région, cet objectif semble difficile à atteindre.

L’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants, soit 20% de la population nationale sur 2% du territoire, note Le Monde. Seul 20 % du territoire régional est urbanisé mais, les forêts mises à part, l’espace restant est occupé par de très grandes exploitations agricoles qui utilisent des quantités importantes de pesticides. Le rapport publié par Natureparif souligne que près de « 1 200 tonnes de substances actives sont épandues chaque année sur la région où l’on compte seulement 1,5% de milieux agricoles en agriculture biologique ». Or, les conséquences de ces épandages ne sont pas bonnes. Ces grandes étendues sont devenues des désert pour la faune et la flore sauvage : sur les 130 espèces de plantes qui habitaient traditionnellement les champs, les trois quarts ont disparu ou sont en déclin, note l’agence. Le constat est le même pour  la majorité des espèces animales et notamment pour les oiseaux des zones agricoles qui nichent dans la région.

La situation évolue de façon préoccupante : près de 940 hectares d’espaces ruraux sont transformés chaque année en espaces urbains dans la région. Si 0,6% du territoire régional est déjà sous protection forte, pour Grégoire Lois, chargé d’étude chez Natureparif, « il sera difficile d’atteindre les objectifs de 2% fixé par le grenelle en Ile-de-France ». Il recommande un changement de paradigme et en particulier la restauration des haies dans les champs ou la multiplication en forêt des zones de sénescence où tout le cycle forestier peut se dérouler sans interruption.

Il critique également le Schéma régional de cohérence écologique adopté fin 2013 par la région, qui, selon lui, n’est pas assez contraignant : dans le document l’environnement doit seulement « être pris en compte » dans l’aménagement du territoire.

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