Pérou : l’expansion d’un projet gazier menace des tribus indigènes

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Déforestation en Amazonie, Mato Grosso, Brésil (12°38’ S - 60°12’ O). #0169 Yann Arthus Bertrand/Altitude

Déforestation en Amazonie, Mato Grosso, Brésil (12°38’ S – 60°12’ O). #0169 Yann Arthus Bertrand/Altitude

Le gouvernement du Pérou a approuvé l’expansion du projet gazier Camisea, sur des terres où habitent des indiens isolés, c’est-à-dire des indigènes qui n’ont eu aucun ou quasiment aucun contact avec notre civilisation, rapporte un blog du Gardian. Cette décision menace la survie même de ces tribus indigènes d’Amazonie, qui forment les peuples les plus vulnérables de la planète, selon Survival International.

La compagnie argentine Pluspetrol en charge des opérations prévoit le forage de 18 puits et la conduite de tests sismiques dans une concession appelée « Lot 88 », située à une centaine de kilomètres du Machu Picchu. Les ¾ de cette zone correspondent à la réserve Nahua-Nanti, créée pour protéger la vie et les terres des peuples autochtones qui vivent en situation « d’isolement volontaire » ou de « contact initial » avec la société nationale.

Ce projet très controversé a connu de nombreux rebondissements, comme la disparition du rapport d’évaluation de l’impact du projet une semaine après sa parution ! David Hill, le bloggeur du Guardian raconte : “Ce rapport listait en détail les nombreux impacts négatifs potentiels du projet sur les habitants de la réserve. Il a disparu de la sphère publique et a été annulé ; une autre « équipe spéciale » a été nommée par le ministre afin d’en écrire un nouveau. Ce rapport, daté de novembre 2013, s’est révélé beaucoup moins critique. »

Stephen Corry, directeur de l’ONG de défense des droits des peuples indigènes Survival International s’exprime sur les dangers auxquels ces peuples isolés sont exposés suite à un contact : « Il y a trente ans, les ouvriers de prospection du projet Camisea pénétraient profondément dans le territoire des Indiens Nahua et peu de temps après, la moitié du groupe était décimée par la grippe et d’autres maladies similaires. Le gouvernement péruvien qui s’apprête à risquer qu’une telle tragédie se reproduise pour quelques puits de gaz n’a-t-il vraiment rien appris de l’histoire? ».

« Selon le droit péruvien et le droit international, cette expansion est illégale étant donné que le gouvernement n’a pas mis en œuvre de mesures pour protéger les habitants de la réserve, explique Juan Carlos Ruiz Molleda, avocat de l’institut péruvien de la défense légale (IDL).  Cette autorisation n’est pas compatible avec l’obligation de l’Etat de protéger efficacement leurs droits. L’Etat a abandonné son rôle de garant des droits humains, et cela pour une partie extrêmement vulnérable de la société. »

 

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