Journée mondiale de la lèpre : les exclus du village de Mballing au Sénégal

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Sénégal, Dakar : âgé de 77 ans, Ndoffene Diene est guéri de la lèpre. Il montre ici les séquelles qu’il garde la maladie. © AFP PHOTO / SEYLLOU

Sénégal, Dakar : âgé de 77 ans, Ndoffene Diene est guéri de la lèpre. Il montre ici les séquelles qu’il garde la maladie. © AFP PHOTO / SEYLLOU

A l’occasion de la journée mondiale de la lèpre, l’ordre de Malte rappelle que plus de 230 000 nouveaux cas de la maladie ont été diagnostiqués dans le monde en 2012. Parmi les victimes, 10 % sont des enfants.

Au Sénégal, la maladie tend à disparaître grâce aux actions de l’Organisation Mondiale pour la Santé et de l’Ordre de Malte. Elle n’est plus incurable et selon Charles Badiane, chirurgien orthopédiste longtemps à la tête du Centre Hospitalier de l’Ordre de Malte (CHOM), « le nombre de nouveaux cas diminue depuis une vingtaine d’années ». Mais l’Etat a du mal à suivre et la législation n’a pas évolué depuis les années 1950 lorsque le Sénégal n’était qu’une colonie et la lèpre une maladie incurable. Les lépreux avaient pour obligation de vivre dans des léproseries, renommées par la suite « village de reclassement social ». Neuf d’entre eux existent  toujours dans le pays.

Mballing, situé à 80km de Dakar, est l’un de ces villages. Il compte désormais plus 5 600 habitants. Tous ne sont pas atteints de la lèpre, seul 250 à 300 malades y séjournent. Les autres habitants sont des membres de la famille venus rejoindre leurs proches. Car une loi datant de 1976 cantonne les lépreux dans ces villages. Et si, au lendemain de la journée mondiale consacrée à la lèpre, le gouvernement sénégalais a promis d’abroger cette loi obsolète, ce n’est pas encore fait.

Les lépreux sont encore marginalisés dans le pays. Ils sont perçus comme les victimes d’une tare héréditaire, d’une malédiction divine ou encore du réchauffement climatique, note le quotidien Le Monde. « Souvent les malades se réfugient dans le déni par peur : 10 % à 20 % d’entre eux viennent consulter trop tard, alors qu’il souffrent déjà d’invalidités importantes », souligne le professeur Badiane. Et d’insister sur l’importance des campagnes de sensibilisation et de dépistage sans quoi la « prévalence risque d’augmenter ».

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