Le navire de Greenpeace Arctic Sunrise toujours sous séquestre en Russie

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Arctic Sunrise

Le navire « Arctic sunrise » au Havre, le 28 octobre 2009
© AFP/Archives Mychele Daniau

Moscou (AFP) – Le navire de Greenpeace, l’Arctic Sunrise, arraisonné en septembre dans l’Arctique russe après une action contre une plateforme pétrolière, est toujours sous séquestre en Russie malgré une décision de la justice internationale, a indiqué l’ONG jeudi.

« L’Arctic Sunrise est toujours dans le port de Mourmansk. Nos avocats s’efforcent d’obtenir la levée du séquestre », a déclaré à l’AFP Tatiana Vassilieva, porte-parole de Greenpeace Russie.

« Aucune condition n’est avancée (par les autorités russes). On n’a pour l’instant aucune idée des délais dans lesquels le séquestre pourrait être levé », a-t-elle ajouté.

Son équipage international d’abord accusé de piraterie — un crime passible de 15 ans de prison — et incarcéré pour deux mois, puis de hooliganisme et finalement amnistié fin décembre, l’épopée du navire de Greenpeace, qui bat pavillon des Pays-Bas, avait suscité une vive controverse et de nombreuses réactions dans le monde.

Le Tribunal international du droit de la mer, qui siège à Hambourg (Allemagne), a ordonné fin novembre à la Russie de libérer le navire moyennant une caution fixée à 3,6 millions d’euros.

Le 2 décembre, les Pays-Bas ont produit une garantie bancaire constituant la caution, selon un fac-similé du document disponible sur le site du tribunal.

La Russie, arguant d’une clause excluant les cas concernant ses droits « souverains », avait cependant refusé de participer aux travaux du tribunal, et n’a pas reconnu sa décision. Le Tribunal a réfuté cet argument.

L’Arctic Sunrise, un navire océanographique brise-glace d’une cinquantaine de mètres, avait été arraisonné le 19 septembre par un commando héliporté des gardes-côtes russes en mer de Barents, et escorté jusqu’au port de Mourmansk.

L’équipage – 30 personnes dont 28 militants de l’ONG, de 18 nationalités différentes – avait été interpellé et incarcéré.

Des membres de l’équipage, à bord de canots pneumatiques, avaient auparavant tenté d’escalader une plate-forme pétrolière du géant russe Gazprom pour y déployer une bannière dénonçant les risques pour les écosystèmes fragiles de l’Arctique.

Le litige a été évoqué la semaine dernière après l’arraisonnement le 4 janvier par les forces sénégalaises d’un navire russe de pêche industrielle, l’Oleg Naïdenov, accusé de pêche illégale et placé sous séquestre avec son équipage dans le port de Dakar.

L’Agence fédérale russe de la pêche a affirmé que les autorités sénégalaises avaient agi en lien avec Greenpeace, l’organisation écologiste s’étant montrée active ces dernières années dans la dénonciation de la pêche illégale dans les eaux du Sénégal.

L’Agence fédérale russe a notamment mis en cause le ministre sénégalais de la Pêche, Haïdar El-Ali, un militant écologiste connu.

Greenpeace a démenti, soulignant cependant avoir surpris en 2012 le navire russe en train de pêcher illégalement dans les eaux sénégalaises. Le navire de Greenpeace qui surveillait la zone à l’époque était l’Arctic Sunrise.

« L’Oleg Naïdenov a été arraisonné et amené au port de Dakar, rejoignant le sort de l’Arctic Sunrise qui reste sous séquestre à Mourmansk », a observé Greenpeace dans un communiqué le 9 janvier.

L’ONG a observé que Mourmansk était « par coïncidence » le port d’attache du chalutier russe.

© AFP

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