Nucléaire: de 6 mois à un an avec sursis requis contre 29 militants de Greenpeace

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Personnes venues soutenir des militants de Greenpeace jugés le 14 janvier 2014 à Valence pour s’être introduits dans la centrale du Tricastin
© AFP Philip)pe Desmazes

Valence (AFP) – Des peines de six mois à un an de prison avec sursis ont été requises mardi à Valence à l’encontre de 29 militants de l’organisation écologiste Greenpeace, jugés  en correctionnelle pour s’être introduits en juillet sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme).

La peine la plus lourde — un an avec sursis– a été réclamée contre le principal prévenu, qui avait bousculé un gendarme lors de l’opération. L’homme était également poursuivi pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique » n’ayant pas entraîné d’incapacité de travail.

Le procureur Gilbert Emery a condamné le fait que ce militant, spéléologue aguerri, qui s’était encordé à 40 mètres de hauteur sur la centrale, avait « déstabilisé » un gendarme en tirant sur sa corde pour le faire descendre.

A l’audience, le militaire a reconnu n’avoir pas recu de coup et n’avoir eu aucun contact avec le prévenu.

« Quand on veut défendre une cause noble on s’entoure de précautions et l’on ne fait pas prendre de risques. Un jour on va faire entrer le loup dans la bergerie et on aura une catastrophe », a dit le procureur. « Il y a d’autres façons de procéder en démocratie et cette action est l’illustration que cette action n’est pas bonne », a-t-il ajouté.

Poursuivis pour « violation de domicile » et « dégradations en réunion » après leur interpellation et une plainte d’EDF, les prévenus, de nationalités française, russe, espagnole, roumaine, belge, suisse, allemande, etc., encourent cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Seuls neuf d’entre eux étaient présents à l’audience. Le procès avait été renvoyé le 12 septembre à la demande de Greenpeace et d’EDF

A l’aube du 15 juillet, les militants avaient pénétré dans l’enceinte nucléaire en escaladant des clôtures et en cisaillant des grillages, cadenassant des portails pour retarder l’intervention des forces de l’ordre.

Une vingtaine d’entre eux s’étaient introduits en « zone de protection renforcée » et un plus petit groupe « en zone protégée » au niveau de la station de pompage. Certains avaient même réussi à se jucher sur des structures métalliques proches des réacteurs, à l’aide de matériel d’escalade, pour y déployer des banderoles.

Greenpeace avait dit vouloir « pointer du doigt toutes les failles de la sécurité dans la production d’énergie nucléaire ». L’ONG avait raconté que  ses militants étaient entrés sur le site « le plus simplement du monde » et que vingt minutes leur avaient suffi pour atteindre le sommet des structures.

© AFP

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