Antarctique: fin de la saga des navires piégés dans les glaces

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navires piegés dans les glaces

Le brise-glace américain Polar Star, envoyé à la rescousse du navire russe Akademik Chokalskïi et du brise-glace chinois Xue Long, le 3 juillet 2013 dans l’océan Arctique
© Garde-côtes américains/AFP/Archives Rachel French

Sydney (AFP) – La saga de Noël en Antarctique, avec ses navires piégés dans les glaces et leurs passagers tuant le temps parmi les manchots, s’est achevée mercredi après la libération par ses propres moyens du bateau russe.

Une complexe opération de secours pilotée par l’Australie aura mobilisé pendant deux semaines d’importants moyens en hommes et en matériel pour tenter de dégager le MV Akademik Chokalskiï, bloqué à une centaine de kilomètres à l’est de la base française Dumont d’Urville.

Après l’Astrolabe français et l’Aurora australien, au gabarit trop modeste pour fendre l’épaisse banquise, le brise-glace chinois Xue Long (« Dragon des neiges ») s’est aventuré au plus près du navire russe malgré le blizzard et les icebergs dérivants.

Son hélicoptère a permis l’évacuation la semaine dernière de ses 52 passagers, touristes et scientifiques, vers l’Aurora, mais le Xue Long s’est retrouvé à son tour prisonnier de « l’enfer blanc ».

Pékin a annoncé mardi qu’il avait fini par se frayer un chemin jusqu’à des eaux où il pouvait naviguer librement.

Et l’Autorité australienne de sécurité maritime (Amsa) a confirmé mercredi la mise en mouvement de l’Akademik Chokalskiï.

Les deux navires chinois et russe « se sont libérés des glaces en Antarctique et n’ont plus besoin d’assistance », a-t-elle indiqué.
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Le brise-glace américain Polar Star, envoyé à la rescousse du navire russe Akademik Chokalskïi et du brise-glace chinois Xue Long, le 3 juillet 2013 dans l’océan Arctique
© Garde-côtes américains/AFP/Archives Rachel French

Un brise-glace des garde-côtes américains, le Polar Star, géant de 120 mètres, avait quitté Sydney pour tenter d’ouvrir un chenal aux navires en difficulté. Il a finalement repris sa mission initiale de ravitaillement des bases scientifiques américaines.

Le capitaine du navire russe, Igor Kisselev, avait fait état mardi d’une fissure dans la banquise à la faveur d’un changement météo.

« Enfin le vent a changé de direction et vient de l’ouest, ce qui a permis à la glace de se fissurer. Maintenant nous naviguons doucement vers le nord », avait-il dit.

Après douze heures de navigation à faible vitesse et par visibilité réduite, il a gagné la pleine mer et se dirigeait mercredi, avec ses 22 membres d’équipage, vers la Nouvelle-Zélande.

« Des expéditions sans intérêt scientifique »

Quant au groupe de scientifiques, touristes et journalistes évacués à bord de l’Aurora, il est attendu en Australie dans une quinzaine de jours.

L’opération coordonnée par l’Australie avec l’aide de la France, de la Chine, de l’Allemagne et des Etats-Unis « est un bon exemple de la coopération multilatérale dans les opérations en Antarctique », a souligné le patron de l’Amsa, Mick Kinley.

Toutefois l’expédition du navire russe, destinée à reproduire les expériences scientifiques menées il y a un siècle par l’explorateur australien Douglas Mawson, a été vivement critiquée pour avoir obligé plusieurs navires à dévier de leur route.

Ces opérations ont retardé des missions scientifiques en Antarctique, conduisant à l’annulation de plusieurs projets, la saison pendant laquelle ils peuvent être menés étant relativement courte.

« Ce genre d’expéditions commémoratives n’a aucun intérêt scientifique », s’est emporté Yves Frenot, directeur de l’Institut polaire français Paul-Emile Victor.

Les organisateurs australiens de l’expédition ont réfuté les accusations du scientifique français, expliquant que les mesures actuelles comparées à celles de Douglas Mawson devaient contribuer à l’évaluation des changements climatiques en Antarctique.

Territoire international dédié à la science, l’Antarctique attire des chercheurs du monde entier, notamment des spécialistes du climat, mais aussi un nombre croissant de touristes.

Ils étaient environ 4.000 par an au début des années 90 à vouloir admirer manchots, phoques et baleines dans le décor virginal des mers australes, contre 30.000 aujourd’hui.

© AFP

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