BP va forer au Groenland

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Groenland

Lac de fusion et bédières sur le glacier Sermilik Brae, Région de Kitaa, Groenland (70°38’ N – 51°03’ O). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude

Le géant pétrolier BP vient d’obtenir un permis pour explorer des gisements au nord-est du Groenland, dans la concession d’Amaroq. BP pourra ainsi conduire des forages dans une région maritime de près de 2600  km2. Il s’agit de l’une des premières autorisations de ce type accordées par les autorités groenlandaises, révèle le Guardian.

Cette décision suscite la désapprobation des écologistes. Greenpeace estime ainsi qu’il n’est pas légitime de faire appel à BP en raison du passé de l’entreprise. L’association, qui vient de mener campagne contre les projets pétroliers et gaziers russes en Arctique, cite en particulier l’explosion de la plateforme DeepWater Horizon en 2010 au large de la Louisiane. Cette marée noire a conduit les Etats-Unis à ne plus accorder de nouveaux permis de forage en mer à la compagnie.

La course aux ressources en Arctique

Désireux d’identifier et d’exploiter rapidement ses ressources en hydrocarbures, le Groenland a ouvert l’exploration de 4 secteurs à deux entreprises partenaires de BP ainsi qu’à Shell. Jens-Erik Kirkegaard, le ministre de l’Industrie et des ressources minières, place de grands espoirs dans ces prospections : « Nous avons été capables d’attirer les plus grandes entreprises du monde pour prospecter du gaz et du pétrole. Cela nous conforte dans la conviction qu’ils seront capables de trouver des réserves exploitables commercialement. Toutes ces explorations se feront selon les standards internationaux les plus élevés, afin de préserver l’environnement marin et les ressources vivantes de la mer. »

Les forages en Arctique, où de nombreuses réserves pétrolières et gazières attisent les convoitises, sont considérés comme complexes. Le PDG de Total, Christophe de Margerie, a estimé en 2012 que l’exploitation pétrolière de l’Arctique était trop risquée. Quant à Michel Rocard, interviewé par GoodPlanet.Info en 2011, il mettait en garde : « à l’heure actuelle, personne n’est sûr que le gouvernement du Groenland aura les moyens d’assurer la sécurité des exploitations. S’il ne le peut pas, cette tâche reviendra alors à de grandes compagnies pétrolières. Il faudra alors que le gouvernement soit suffisamment fort pour imposer des règles aux compagnies. »

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