Scandale de la viande de cheval : l’industrie alimentaire sous la menace du crime organisé

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Bordeaux, France: des lasagnes surgelées sont photographiées ici dans un supermarché de Bordeaux en février 2013. © AFP PHOTO JEAN-PIERRE MULLER

Bordeaux, France: des lasagnes surgelées sont photographiées ici dans un supermarché de Bordeaux en février 2013. © AFP PHOTO JEAN-PIERRE MULLER

 

 

Une enquête indépendante, lancée outre-Manche au lendemain du scandale de la viande cheval, vient de rendre ses conclusions. Elle dresse un tableau inquétant de la situation et en particulier de la vulnérabilité du secteur vis à vis du crime organisé. A tel point que l’une de ses recommandations principales est la création d’une force de police consacrée à la fraude alimentaire.

Chris Elliott, directeur de l’institut de Sécurité alimentaire de Belfast et coordinateur de l’étude, met en garde : le secteur agroalimentaire est « vulnérable face à des criminels qui savent qu’ils ont peu de chance d’être détectés, que les amendes sont minimes, que l’Agence de sécurité alimentaire britannique [Food Standards Agency] manque de moyens et que les pratiques de l’industrie sont inadéquates pour détecter des malversations« .

Il estime également qu’une enquête indépendante devrait être mise en place pour faire la lumière sur les liens qui pourraient exister entre les fraudes alimentaires et les marchés illégaux de cigarettes, d’armes et de personnes.

Selon Chris Elliott, certains produits comme le poisson, les produits à base de viande et les fruits exotiques sont particulièrement visés par les fraudeurs parce qu’ils sont faciles à substituer ou parce que la demande est telle que les commerçants n’hésitent plus à se tourner vers des filières illégales. La consommation britannique de produits comme le miel de manuka (un arbuste de Nouvelle-Zélande) ou le jus de grenade dépasse ainsi la production mondiale du produit, ce qui devrait attirer l’attention.

L’enquête pointe également du doigt les offres « trop bonnes pour être vraies » mises en avant par certains supermarchés. Elles concernent par exemple des steacks hachés « premium » à un prix « discount ». Or, les responsables des supermarchés ne peuvent pas ignorer qu’à ce prix, il doit y avoir une malversation quelque part dans la chaîne d’approvisionnement. L’étude demande ainsi que les supermarchés soient responsables en justice s’ils vendent des produits aux appellations trompeuses, ce qui les inciterait à contrôler leurs fournisseurs, note The Guardian.

Cette enquête a reçu un accueil mitigé de la part des politiques outre-Manche qui préfèrent mettre en avant la sécurité de la filière, par ailleurs saluée lors de cette étude. Mais pour Chris Elliott « les politiciens sont tellement concentrés sur cet aspect de sécurité alimentaire qu’ils en oublient les fraudes qui peuvent fragiliser la filière ».

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