Pollution aux particules tenace, l’IDF particulièrement touchée

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pollution aux particules fines

Vue aérienne de Paris
© AFP/Archives Kenzo Tribouillard

Vue aérienne de Paris
© AFP/Archives Kenzo Tribouillard

Paris (AFP) – L’épisode de pollution aux particules, favorisé par un temps froid, sec et sans vent, continuait jeudi d’affecter une grande partie de la France, notamment la région parisienne qui maintenait son niveau d’alerte pour le quatrième jour consécutif, et la région Rhône-Alpes.

Il sera toujours en vigueur vendredi en région parisienne, a indiqué Airparif, agence régionale de surveillance de la qualité de l’air.

En Ile-de-France, « un épisode aussi long, c’est assez rare avec des niveaux aussi soutenus. La dernière fois, c’était en décembre 2007 avec des conditions météorologiques similaires », a déclaré à l’AFP Fabrice Joly, ingénieur à Airparif.

En 2013, le seuil d’alerte n’avait été déclenché qu’une seule fois avant cet épisode, le 3 décembre. Il l’avait été quatre fois en 2012, et jamais en 2011 et 2010.

Le niveau d’alerte aux PM 10 (particules au diamètre inférieur à 10 microns), déclenché à partir d’une concentration de 80 microgrammes de particules par m3 d’air, était également activé sur toute la région Rhône-Alpes pour la deuxième journée consécutive. « La situation est bien dégradée », selon Air Rhône-Alpes.

Tel était le cas également dans l’Oise, le Vaucluse, l’agglomération de Rouen et de Strasbourg.

Dans plusieurs régions, les vitesses autorisées ont été réduites de 20 km/h.

Les contrôles de police, notamment des deux roues, ont été renforcés en région parisienne, a annoncé la préfecture de police. « Pour la seule journée du 10 décembre, ce sont 5.760 infractions qui ont été relevées pour non-respect des limites de vitesse ou non-respect des normes techniques », indique-t-elle dans un communiqué.

Par ailleurs, quatre dispositifs policiers ont été mis en place sur trois autoroutes (A1, A4, A6) et la N12 dans le sens de Paris pour inciter les conducteurs de poids lourds de plus de 3.5 tonnes à emprunter un itinéraire de contournement de la capitale.

De son côté, le ministère de l’Ecologie a « demandé de ne pas utiliser les cheminées à bois », « de limiter l’usage des véhicules automobiles, notamment les véhicules diesel non équipés de filtres à particules », ou encore « de respecter l’interdiction de brûlage de déchets verts ».

Le niveau d’information (à partir de 50 microgrammes) était dépassé localement dans de nombreuses autres régions.

Cette pollution devrait s’atténuer vendredi après-midi avec une légère dégradation météorologique.

Les pollutions aux PM10, poussières de compositions diverses, sont fréquentes en hiver, avec l’augmentation des émissions liées au chauffage, principalement à bois mais aussi au fioul, et de conditions météorologiques souvent défavorables à la dispersion des polluants.

Elles sont également favorisés par un phénomène dit d' »inversion de température ». En situation normale, l’air chaud contenant les polluants tend à s’élever naturellement. Mais quand le sol refroidit fortement pendant la nuit en hiver, les polluants se trouvent piégés sous un effet de « couvercle » d’air chaud.

Générées par l’industrie, le chauffage et le transport (diesel), les particules peuvent provoquer de l’asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Les plus fines d’entre elles (moins de 2,5 microns), qui pénètrent dans les ramifications les plus profondes des voies respiratoires et le sang, ont été classées « cancérogènes certains » par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

A Paris, ce pic de pollution a été l’occasion d’une passe d’armes entre les deux candidates à la mairie.

La socialiste Anne Hidalgo a assuré que l’épisode de pollution était « la conséquence d’une politique totalement inconsciente (…), notamment du gouvernement précédent, qui ont tout misé sur le diesel », quand Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) l’a imputé à « la politique incohérente qu’a menée la ville de Paris depuis 12 ans ».

Le ministère de la Santé recommande de « réduire les activités physiques intensives et les efforts physiques si des symptômes comme la toux, les sifflements, la dyspnée ou des maux de gorge sont ressentis ».

© AFP

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