L’Australie donne son accord pour l’agrandissement d’un port de charbon près de la Grande Barrière de Corail

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Barrière de corail, Queensland, Australie (17°01’ S - 146°10’ E). © Yann Arthus-Bertrand / Altitude

Barrière de corail, Queensland, Australie (17°01’ S – 146°10’ E).
© Yann Arthus-Bertrand / Altitude

Le gouvernment australien a donné son accord ce mardi à l’agrandissement d’un très grand port de charbon à Abott Point dans le Queensland, sur la côte est du pays, à quelques centaines de kilomètres seulement de la Grande Barrière de Corail.

Le projet doit augmenter de 70% les capacités d’exportation du port, pour atteindre plus de 35 millions de tonnes de charbon chaque année, note le Wall Street Journal.  Les travaux, menés par l’entreprise minière Adani, basée en Inde, ont suscité une vive polémique en Australie le mois dernier lorsque la chaîne d’investigation ABC a révélé un conflit d’intérêt majeur chez 2 des 5 membres du Conseil de surveillance de la Grande Barrière – son organe de protection (voir notre article sur ce sujet). Une instruction a ce sujet a depuis été demandée par le Ministre de l’environnement.

Mais ce dernier n’a donc pas attendu les conclusions de l’enquête pour autoriser l’agrandissement du port. Celle-ci s’accompagne de 95 conditions préalables qui devraient garantir la protection de la Grande Barrière et des écosystèmes qui l’entourent. Car plus de 3 millions de mètres cubes de fonds marins doivent être dragués pour permettre la construction.

Selon Le Monde, la construction d’une usine de gaz naturel liquéfié et de gazoducs sur Curtis Island, situé au cœur du parc de la Grande Barrière, a également été approuvée par le Ministre ce mardi. Ce dernier a posé 53 conditions au développement du projet, permettant là encore, selon lui, d’assurer la protection du site.

Mais les ONG  locales de protection de l’environnement et le parti national vert jugent ces mesures insuffisantes. Et l’Unesco menace de modifier le statut de la Grande Barrière de Corail, inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité, pour la reclasser en 2014 en tant que site « en danger » si rien n’est fait pour limiter le développement des industries le long du littoral. Or, selon Richard Leck du WWF international, « autoriser le dragage d’une telle quantité de sédiments alors que la Barrière est en mauvais état de santé va à l’encontre de toute préconisation scientifique », note le Sydney Morning Herald.

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