Roumanie: des ONG appellent le Canada à ne plus soutenir un projet de mine d’or

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Bucarest (AFP) – Plusieurs ONG internationales dont des antennes de Greenpeace et de MiningWatch ont appelé jeudi le Canada à ne plus soutenir un gigantesque projet canadien de mine d’or à Rosia Montana, dans le centre de la Roumanie.

Les ONG ont exprimé leur « profonde inquiétude quant au soutien nocif du gouvernement canadien à ce projet, qui pose de sérieux problèmes environnementaux, juridiques et économiques », dans une lettre ouverte envoyée au ministère canadien des Affaires étrangères.

Les filiales Greenpeace du Canada, de Hongrie et de Roumanie, MiningWatch Canada et Roumanie, le Council of Canadians, l’ONG américaine Earthworks ainsi que Friends of Earth Canada ont signé ce document avec l’association roumaine Alburnus Maior, basée à Rosia Montana.

« Nous demandons au gouvernement du Canada de ne plus faire de lobby pour ce projet », ont écrit les signataires, accusant Ottawa d’avoir « ignoré les graves problèmes soulevés par de nombreux experts et par des institutions respectées ».

La compagnie Rosia Montana Gold Corporation (RMGC), détenue à 80% par la canadienne Gabriel Resources, prévoit d’exploiter 300 tonnes d’or et 1.600 tonnes d’argent à Rosia Montana, en utilisant 12.000 tonnes de cyanure par an.

La société promet des centaines d’emplois et des bénéfices économiques importants pour la Roumanie.

Mais, selon experts et archéologues, cette mine d’or à ciel ouvert appelée à devenir la plus grande d’Europe va entraîner la destruction de quatre montagnes et menace des galeries minières uniques datant de l’époque romaine.

Le Parquet de Ploiesti (sud) a par ailleurs indiqué que la RMGC était poursuivie pour « évasion fiscale et complicité de blanchiment » dans un dossier visant au total 132 compagnies ainsi qu’un ancien employé du secrétariat général du gouvernement roumain, selon l’agence Mediafax.

Le Parquet s’est refusé à tout autre détail sur ce dossier.

Le gouvernement avait adopté en août un projet de loi déclarant la mine voulue par les Canadiens « projet d’intérêt public exceptionnel », suscitant un mouvement de protestation d’une ampleur sans précédent depuis les années 1990.

Le Sénat a par la suite rejeté ce projet de loi, mais le dernier mot appartiendra à la Chambre des députés.

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