L’Equateur ferme une ONG contre l’exploitation pétrolière en Amazonie

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ONG contre l'exploitation pétrolière

Une personne montre les dégâts causés par une marée noire à La Primavera, en Amazonie équatorienne, le 20 février 2011
© AFP/Archives Rodrigo Buendia

Quito (AFP) – Le gouvernement d’Equateur a ordonné mercredi l’interdiction d’une ONG écologiste opérant depuis 16 ans dans le pays, l’accusant de conduite agressive lors d’une manifestation contre l’exploitation pétrolière d’une région en Amazonie.

Des policiers ont procédé à la fermeture à Quito des locaux de l’association, la Fondation Pachamama (un mot qui signifie la « Terre-mère » dans la langue indigène), dont l’autorisation a été retirée par le ministère de l’Intérieur.

« Quinze personnes en civil sont arrivées en se présentant comme des fonctionnaires de plusieurs ministères et de la police et nous ont notifié la dissolution de la fondation sur ordre gouvernemental », a indiqué à l’AFP Belen Paez, la présidente de cette association.

« Nous n’avons reçu aucun avis préalable à la fermeture. Nous allons nous réunir avec nos avocats pour répondre légalement à cette situation si déplorable pour la démocratie du pays », a-t-elle ajouté.

Le weekend dernier, le président équatorien Rafael Correa avait fustigé publiquement cette ONG pour avoir agressé verbalement l’ambassadeur du Chili à Quito lors d’une manifestation.

Le Chili fait partie avec la Chine, l’Espagne et le Belarus des pays où des entreprises ont participé à un appel d’offre pour l’exploitation pétrolière de la région défendue par l’ONG, qui se trouve à la frontière avec le Pérou.

Dans un message posté sur son compte Twitter, le ministère de l’Intérieur a confirmé une « opération de dissolution d’ONG liées à des agression récentes », dénonçant leur « ingérence dans les politiques publiques » et leur « violation de la sécurité interne ».

Dirigeant socialiste au ton critique envers les Etats-Unis, le président Correa, en conflit ouvert avec les milieux d’affaires, reproche régulièrement à certaines ONG d’œuvrer avec l’opposition, sous couvert de coopération, pour tenter de déstabiliser son gouvernement.

Le chef de l’Etat avait déjà épinglé la Fondation Pachamama, dédiée à la défense des forêts tropicales, pour s’être livrée, selon lui, à de la « politique politicienne ». Une accusation réfutée par la responsable de l’association, qui bénéficie d’une aide des Pays-Bas et des Etats-Unis.

Suite à un durcissement de la législation relative au fonctionnement des ONG, quelque 26 associations ont dû mettre la clé sous la porte l’an dernier au motif qu’elles ne remplissaient pas leurs obligations ou ne fournissaient pas de rapport sur leur activité.

© AFP

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