Les émissions de méthane aux Etats-Unis dépassent largement les estimations

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Mine de charbon à ciel ouvert, Arizona, Etats-Unis (32°21’ N - 111°12’ O). Les mines de charbon sont en partie reponsable des émissions globale de méthane, puissant gaz à effetr de serre. © Yann Arthus-Bertrand/Altitude.

Mine de charbon à ciel ouvert, Arizona, Etats-Unis (32°21’ N – 111°12’ O). Les mines de charbon sont en partie responsables des émissions globales de méthane, puissant gaz à effet de serre. © Yann Arthus-Bertrand/Altitude.

Les Etats-Unis auraient produit 50% à 75% plus de méthane que ne l’estiment ses inventaires. Des chiffres publiés dans la prestigieuse revue Proceedings of the National Academy of Sciences viennent ainsi contredire les deux études qui faisaient jusqu’à présent office de référence dans ce domaine.

Ces deux études, l’une réalisée par l’Agence de Protection Environnementale et l’autre par un groupement de la Commission Européenne et des Pays-bas, s’accordaient en effet sur une baisse des émissions de méthane dans le pays allant de 8% à 12% entre 1990 et 2010. Elles expliquaient cette baisse par une diminution des fuites lors de la production et du transport de gaz, et de celle du nombre de décharges et de mines de charbon, note le New York Times.

La nouvelle analyse remet en question ces précédentes estimations. Elle pointe notamment du doigt les quantités de gaz émises lors de la production de pétrole et de gaz ainsi que celles émises par l’élevage intensif qui seraient beaucoup plus élevés qu’estimées par les 2 études précédentes. Pour obtenir leurs données, les chercheurs ont réalisé 12 700 relevés calculant ainsi précisément les quantités de méthane émises sur chacun des lieux d’études. Ils ont pu conclure que les plus grandes quantités produites de méthane avaient lieu au Kansas, dans l’Oklahoma et au Texas, 3 états ou l’activité pétrolière et gazière est importante, note Le Monde. Ces trois états font également partie des cinq plus gros producteurs de gaz naturel aux Etats-Unis, ce qui dirige les soupçons vers les gaz de schistes, même si l’étude ne permet pas de le prouver. Selon Philippe Ciais, spécialiste du cycle du carbone au CNRS, « Ces travaux sont très solides car ils s’appuient sur un très grand nombre de mesures. Mais ils ne permettent pas de déterminer précisément les sources d’émissions, y compris au sein du secteur pétrolier et gazier, on ne sait pas si c’est l’extraction, le transport ou le stockage de gaz qui est en cause ».

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